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lundi 23 août 2004

Fermer la centrale nucléaire d’Ignalina : voilà le prix qu’a dû payer la Lituanie pour pouvoir entrer dans l’Union européenne. Argument invoqué : la sécurité. Mais la conception soviétique de la centrale la condamnait aussi dans le cadre du nouveau contexte politique et économique lituanien. La transition ne s’annonce pas simple.
La centrale, située près de la frontière avec la Lettonie et la Biélorussie, est l’une des plus puissantes du monde. Elle avait été conçue pour alimenter toute cette région de l’URSS. Aujourd’hui, elle est largement disproportionnée pour les besoins de la petite république lituanienne, qui trouve difficilement des marchés solvables à l’export. Mais le pays s’est fait prier avant d’accepter finalement l’arrêt des deux réacteurs, programmé d’ici à 2009.
Si la sécurité s’est beaucoup améliorée depuis dix ans, l’absence d’enceinte de confinement est un défaut de naissance rédhibitoire. De plus, toute sa conception en fait un produit du système soviétique. Sa dimension, son organisation centralisée, son besoin d’une main-d’oeuvre considérable et importée de toute l’URSS ne sont pas non plus aux normes de l’Ouest. Pendant les trente années que durera le démantèlement, les 4000 employés russophones qui travaillent à la centrale vont devoir changer leurs mentalités. C’est toute une ville qui va devoir passer d’un prototype d’économie planifiée, où chaque aspect de la vie quotidienne était géré depuis la centrale, à une mentalité libérale où l’esprit d’entreprise va devoir émerger.
Ignalina se trouve donc au carrefour de deux systèmes, de deux cultures techniques, économiques et sociales. Elle est le symptôme le plus fort de la douloureuse transition que doit opérer la Lituanie pour passer d’un système à l’autre.
12403 signes,
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564 € à 68,25 € le feuillet
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Nicolas Gauthy
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