@LibreLecture

mardi 19 janvier 2010

Une solution pour les "prédateurs" des temps modernes ?
par erika24 e-mail à l'auteur

Prédateur ? Mais qu’est-ce donc ? En voici la définition du dictionnaire : se dit des animaux ou de certains hommes qui vivent de proies animales.

Les pédophiles seraient donc une race à part, des carnivores "sexuels" ? Mais dans quels terriers se cachent-ils ? Eh bien partout ! Mais quelle honte ! Jusqu’à quand devrons-nous encore supporter ce genre d’individus qui s’en prennent constamment à nos chères petites têtes "blondes" ?

Rassurez-vous citoyens, le problème va être résolu. Ah ! enfin !
Monsieur le Président de la République nous a assuré que, dès 2009, un hôpital spécialisé dans le traitement des délinquants sexuels ouvrira à Lyon. "Les détenus de ce type, à la fin de leur peine, seront examinés par un collège de médecins et, si ce collège reconnait leur dangerosité, ils ne seront pas remis en liberté, ils iront dans un hôpital fermé où ils seront soignés", a-t-il affirmé. "Ceux qui n’accepteront pas d’être soignés resteront dans cet hôpital fermé le temps qu’on les estimera dangereux", a ajouté Nicolas Sarkozy (Paris, 21 août. AFP).

Ca, c’est une bonne nouvelle, mais comment fait-on pour les autres ? Ceux qui, se sentant intouchables de par leur statut, qui sont encore en fuite et traqués et se faufilent malgré tout à notre nez et notre barbe tel un renard chapardant une poule ? Et ceux qu’on relâche en attendant leur procès ?

Malheureusement, cette "race" est loin d’être en voie d’extinction. Trop de "réserves" subsistent encore.

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samedi 15 décembre 2007

Age de la Terre et âge de l’univers
par Kamel Ben Salem e-mail à l'auteur

Ce nouvel article propose une nouvelle approche pour estimer avec plus de précision à la fois l’âge de la Terre (4.565706 Ga) et celui de l’univers (13.697115 Ga).
Il complète et corrige l’article Une nouvelle vision de l’évolution de l’Univers (1/3).
Le fichier pdf joint est la version finale et corrigée (décembre 2007) de cette étude.

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mardi 18 septembre 2007

Soif de Culture... ?
par aidehaut e-mail à l'auteur

Cet été, vous avez retrouvé le gout des choses simples : le pastis et la pétanque, les discussions interminables avec Gégé, le vieux copain d’enfance, les bonnes bouffes, les cigales, l’odeur du foin fraichement coupé, le bruit des vagues, les rires des enfants sur la plage...
Mais, malheureusement, il est écrit que ces bonnes choses ont une fin, et nous les savourons d’ailleurs d’autant plus qu’elles sont éphémères !
Alors, c’est reparti, vous avez chargé la voiture à bloc de tous les souvenirs que vous pouviez emporter avec vous, vous avez fermé la maison de campagne, vidé la piscine, dit adieu à la boulangère de Marly Gaumont qui fait des pains au chocolat si délicieusement parfumés...
Et vous avez repris la route de la vie parisienne... En vous jurant que cette année ne sera pas comme les précédentes !

NON, cette année, je ne me laisserai pas déborder par mon quotidien ! Fini les métro-boulot-dodo, ou les bouchons, réunions au comité de direction, boite de thon... Nuits blanches au Queen - cures de vitamines...

Je veux pouvoir m’élever et voir plus loin que les préoccupations de ma vie professionnelle, je veux mieux comprendre le monde qui m’entoure, je veux m’intéresser à l’Art et à la Philosophie, je veux rencontrer des nouvelles personnes, je veux apporter ma goutte d’eau à l’élaboration d’un monde meilleur !!!

Alors voilà un concept qui peut vous intéresser :

Culturalia...

Il s’agit d’un club d’un tout nouveau genre constitué de jeunes cadres réellement dynamiques, qui se réunissent une fois par mois pour entendre parler et discuter d’un thème d’actualité.
Chaque réunion est animée par LE spécialiste du sujet en question : des hommes politiques, des journalistes, de brillants intellectuels (Bernard Carayon, Antoine Sfeir, Jean Daniel, Erik Izraelewicz...) et porte sur : les conflits au Moyen Orient, les grandes expositions artistiques du moment, les changements climatiques, les problématiques d’intégration sociale des populations immigrées...

Pas besoin d’être ultra cultivé pour pouvoir y assister, bien au contraire... ces réunions s’adressent à toute personne qui a soif de culture et soif de comprendre !
L’intervenant vous réexplique tout l’enjeu du problème en des termes très simples, mais qui vous font rapidement saisir la complexité du sujet.
Le cadre est convivial, l’intervenant a du charisme et est surtout passionné par son sujet et ravi de le partager avec des jeunes. Vous pouvez lui poser toutes les questions que vous souhaitez... Et surtout, chose inédite et impossible lorsque l’on regarde passivement la télévision, vous pouvez proposer des solutions et vous faire entendre par quelqu’un qui a le pouvoir de faire évoluer les choses !

A la fin de ces réunions qui durent environ 1h30, un apéritif est organisé autour d’une coupe de champagne ou d’un petit vin inconnu qu’un vigneron se fera le plaisir de vous faire déguster.
La salle est chaleureuse, l’ambiance décontractée, on continue à débattre sur les opportunités à saisir en Inde, ou on parle de la dernière soirée à la Maison Blanche... On échange des cartes de visite, on propose ses services pour les nouveaux besoins en recrutement de l’Oréal... Echanges de bons procédés : « Je te file 10% de remise sur la nouvelle Golf si tu m’obtiens un taux à 3,2 pour mon crédit immobilier... »
Partage de plans selects : « Tu veux venir à la vente privée Dolce Gabana demain avenue Montaigne ? »
Les gens sont beaux, intelligents, parfois célibataires en quête d’une âme sœur partageant les mêmes centres d’intérêts...

Bien sûr, tout ceci a un prix, mais là encore, Culturalia sait se faire apprécier : 8€ !
Qu’est ce que 8 € pour venir assister à une conférence d’un intervenant prestigieux sur des thèmes au cœur de l’actualité, pouvoir lui soumettre ses idées, boire un petit verre et rencontrer de nouvelles personnes...

Last but not least... pour que vous en sortiez le cœur léger et non le portefeuille allégé... Les bénéfices réalisés sont intégralement reversés à l’Association humanitaire « Un chemin pour les enfants » qui s’occupe de scolariser des enfants vivant dans des bidonvilles à Manille aux Philippines.

Alors, me direz-vous... Comment faire pour rentrer dans le monde merveilleux de Culturalia et accéder ainsi à la plénitude intérieure et au bonheur à perpétuité...
Il vous suffit d’aller tout simplement sur le site internet http://www.culturalia.fr, vous y trouverez l’intégralité du programme de l’année et vous pourrez y laisser vos coordonnées électroniques. Un mail vous sera régulièrement transmis afin de vous tenir au courant des manifestations à venir, vous n’aurez plus qu’à venir le jour J à l’Espace Bernanos, au 4 rue du Havre dans le 9e arrondissement.

Culturalia, c’est LA bonne résolution à prendre en cette rentrée 2007 !

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lundi 23 juillet 2007

Une nouvelle vision de l’évolution de l’Univers (3/3)
Une étude de l’astronomie dans le Coran
par Kamel Ben Salem e-mail à l'auteur

Dans les précédents articles, nous avons examiné les versets du Coran où il était question du système solaire, puis des phénomènes qui accompagneront la fin de celui-ci. Nous abordons ici l’étude des versets concernant l’univers en général : expansion de l’univers, répétition du processus de création, existence d’une multitude de planètes semblables à la nôtre et d’une vie extraterrestre... Nous remarquerons aussi que le Coran semble décrire notre univers comme cyclique, contrairement aux conceptions actuelles les plus répandues.

3e partie

Les versets se rapportant à l’univers

Dans les précédents articles, nous avons examiné les versets du Coran où il était question du système solaire, puis des phénomènes qui accompagneront la fin de celui-ci. Nous abordons ici l’étude des versets concernant l’univers en général : expansion de l’univers, répétition du processus de création, existence d’une multitude de planètes semblables à la nôtre et d’une vie extraterrestre… Nous remarquerons aussi que le Coran semble décrire notre univers comme cyclique, contrairement aux conceptions actuelles les plus répandues.

1) Description de l’univers :

 1.1) La relativité du temps

 Le Coran considère le temps comme une notion relative. Cette notion de relativité peut être relevée dans plusieurs sourates :

 - Sourate 22, verset 47

"Cependant, un jour, auprès de ton seigneur, est comme mille ans selon vos calculs. "

- Sourate 70, verset 4

".... Les anges ainsi que l’Esprit montent vers Lui en un jour dont la mesure est de cinquante mille ans !"

A mon sens, on ne doit pas prendre ces chiffres à la lettre. Il faudrait sans doute prendre ces valeurs pour leur contenu symbolique (cf. ci-dessous §1.7)

 

1.2) L’imbrication des processus de création :

- Sourate 21, verset 30

" Les impies n’ont-ils pas vu que les cieux et la Terre étaient soudés, que Nous avons ensuite séparés..."

- Sourate 41, verset 11

"Par ailleurs (Dieu) se tourna vers le ciel alors qu’il était fumée et Il lui dit ainsi qu’à la Terre  : Venez de gré ou de force ! Et le ciel et la Terre dirent : Nous venons obéissants."

A propos de ce premier verset, on peut faire la remarque suivante : le Coran caractérise en plusieurs endroits la création comme un phénomène continu. Nous savons aujourd’hui que la création de l’univers date d’environ 13,8 milliards d’années  (cf. §2. durée de la création), celle de la Terre d’environ 4,6 milliards d’années. Il y a donc une imbrication des phases de la création des cieux et de celle de la Terre. On comprend donc que la création de la Terre n’a pas précédé celle de l’univers, mais qu’elle a été, selon la volonté de Dieu, contemporaine de celle de l’univers.

D’autre part, on sait que la Terre s’est formée à partir des fines particules d’un nuage de gaz et de poussières des corps célestes, suivant un processus d’agglomération et de regroupement. Il est à noter que ce même processus est à l’origine de la formation des galaxies et donc de l’univers.

Remarque :

Peu après sa formation, la Terre encore chaude et molle, a subi probablement un bombardement intensif et continu de météorites métalliques. Le verset cité ci-dessous mentionne la présence du fer sur terre comme le résultat d’un processus de "descente".

- Sourate 57, verset 25

"… Nous avons fait descendre le fer source de puissance  terrible et d’avantages pour les hommes …"

Il est à remarquer que le verbe "descendre"  n’a été utilisé que pour le fer (à l’exclusion de tous les autres métaux cités dans le Coran tels que l’or, l’argent, le cuivre…). Ceci laisse supposer que le Coran envisage l’origine extraterrestre du fer, ce que semble confirmer la science moderne.

1.3) Répétition du processus de création dans l’univers

Le Coran considère la création de l’univers comme un processus continu :

- Sourate 30, verset 11

"Dieu commence la création, ensuite Il la répète"

Cette notion de répétitions dans la création est citée dans plusieurs versets, et peut être interprétée de deux façons : l’opération de création est une opération continue dans notre univers, car ce dernier est toujours en transformation (des étoiles meurent et d’autres naissent, etc.), et ce qui se produit en un point de l’espace se produira d’une façon analogue dans un autre endroit. La deuxième interprétation, c’est la renaissance cyclique de notre univers ou peut-être la création d’autres univers (cf. §4 ci-dessous).

1.4) La position des étoiles

 - Sourate 56, versets 75-76

"Je jure par les positions des étoiles ! - et en vérité c’est un serment considérable, si vous saviez !- que le  Coran est véridique ..."

Ce verset nous fait penser par exemple au théorème de Kepler qui dit : "Le mouvement de chaque planète du système solaire est une ellipse dont le Soleil occupe un des foyers". De même, les autres étoiles, analogues au Soleil, suivent aussi des trajectoires bien précises, ainsi que les planètes éventuelles gravitant autour d’elles, comme c’est le cas pour le Soleil. On peut voir aussi dans ce verset une allusion à l’universalité des lois des mouvements des étoiles : pour nous, il s’agit de la loi de la gravitation universelle de Newton, qui détermine les trajectoires de toutes les étoiles et planètes.

Rappelons la conclusion de l’étude citée dans l’introduction : §1-2 : les mots et les lettres du texte coranique occupent des places bien déterminées les uns par rapport aux autres, exactement comme le sont les positions des étoiles dans l’univers. 

Il est clair qu’à l’époque du Prophète, on ne pouvait pas saisir la portée de ce verset. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’expression (si vous le saviez) a été utilisée.

1.5) Conquête de l’espace

Dans le verset suivant, le Coran invite d’une façon claire les hommes, non seulement à conquérir l’espace, mais aussi à explorer les profondeurs terrestres :

- Sourate 55, verset 33

"Peuple des Esprits et des Etres humains, si vous pouvez pénétrer à l’opposé des régions des cieux et de la Terre, pénétrez-y. Mais vous n’y pénétrerez qu’avec un pouvoir."

On comprend ici qu’il est fait allusion au pouvoir décisif (sultân) de la science.

Toujours à ce même propos :

- Sourate 15, versets 14-15

"Si Nous ouvrions pour eux (les mécréants) une porte du ciel et qu’ils continuent par elle à y monter, ils diraient  : ’Nos regards ne sont que troublés, ou plutôt nous sommes des gens ensorcelés."

Ici, l’utilisation du mot "ensorcelés" peut signifier tout simplement être subjugués par la surprise de la découverte, par exemple d’une vue spatiale de la Terre et de ses environs.

Le verset suivant évoque par ailleurs la difficulté de respiration lorsqu’on monte progressivement dans le ciel.

- Sourate 6, verset 125

"Celui que Dieu veut diriger, Il lui ouvre la poitrine à l’Islam. Celui qu’Il veut égarer, Il lui rend la poitrine étroite, (déterminant) une gêne comme s’il montait dans le ciel."

1.6) Existence de vie extraterrestre

Des chercheurs en astronomie pensent qu’il y a une forte probabilité d’existence de vie extraterrestre, vu le nombre très important de galaxies dans l’univers, formées par de vastes regroupements d’étoiles et de planètes gravitant autour de celles-ci. Dans le verset suivant, le Coran précise non seulement l’existence d’autres créatures extraterrestres, mais la possibilité d’une rencontre avec les habitants de la Terre (probablement d’une façon indirecte par un échange de messages ou bien à l’aide des voyages spatiaux). A l’état actuel de notre avancement technologique, ce verset peut être considéré comme une prédiction.

 - Sourate 42, verset 29

"Et il en est de ses signes, la création des cieux et de la Terre, et aussi des créatures vivantes (qui marchent) qu’Il a propagées dans les deux (dans les cieux et la Terre). Il demeure capable, cependant, de les réunir quand Il le voudra." 

 On trouve aussi le même sens d’existence d’une vie extraterrestre dans les quatre versets cités ci-dessous, où le premier verset indique que toute chose dans les cieux ou sur Terre participe à la louange de Dieu, alors que le second verset précise que les êtres vivants des cieux et les êtres vivants sur Terre appartiennent à  Dieu, et que les anges lui sont obéissants.

 Les 3e et  4e versets cités ci-dessous expliquent le bouleversement des humains et des habitants des cieux quand Dieu mettra fin à ce monde.

 - Sourate 61, verset 1

"Tout ce qui est dans les cieux et tout ce qui est sur la Terre glorifie la Transcendance de Dieu ..."

- Sourate 21, verset 19

"A Lui appartiennent tous ceux qui sont dans les cieux et la Terre ! Ceux qui sont auprès de Lui ne se considèrent pas comme trop grands pour L’adorer et point ne cherchent à s’écarter."

- Sourate 39, verset 68

"Et on soufflera dans la trompe, et voilà que seront foudroyés tous ceux qui sont dans les cieux et tous ceux qui sont sur Terre, sauf ceux que Dieu voudra. On y soufflera encore, et voilà qu’ils seront debout, à regarder."

- Sourate 27, verset 87

"Et le jour  où l’on soufflera dans la trompe ! Puis ils seront effrayés, tous ceux qui sont dans les cieux et tous ceux qui sont sur la Terre - Sauf qui Dieu veut ! Et tous viendront à Lui en s’humiliant."

 On remarque ici d’une façon très claire la classification des créatures en trois groupes différents :

 - Ceux qui sont sur la Terre.

- Ceux qui sont dans  les cieux  (Cesontdescréatures « qui marchent », comme  il est mentionné plus haut  dans la Sourate 42, verset 29)

- Ceux qui sont auprès  de Lui  (Ce sont  les anges, comme l’indiquent plusieurs sourates)

 

1.7) Existence de planètes semblables à la Terre

 Il est important aussi de signaler que le Coran a dit, d’une façon explicite, qu’il existe dans l’univers une multitude de planètes semblables à la nôtre, comme l’annonce le verset ci-dessous :

 - Sourate 65, verset 12

"Dieu est celui qui créa sept cieux et de la Terre (ard) un nombre semblable. L’ordre (divin) descend parmi eux, pour que vous sachiez que Dieu est, sur toute chose, Omnipotent et que Dieu embrasse toute chose en (Sa) science."

Le nombre des cieux et des planètes est désigné par le chiffre 7. Le choix de ce chiffre comme symbole vient de son statut particulier, car c’est le plus petit nombre premier après, 1, 3 et 5 qui sont d’usage plus ordinaire. Tous les commentateurs sont d’accord pour estimer que, dans les cultures antiques,  le chiffre 7 et ses multiples désignent la totalité. C’est d’ailleurs expliqué dans le Coran lui-même, comme l’indique le verset ci-dessous :

- Sourate 2, verset 261

"Ceux qui dépensent leurs biens dans le chemin de Dieu, ressemblent à un grain d’où naissent sept épis, à cent grains l’épi. Car Dieu multiplie la récompense à qui Il veut. Dieu est immense, omniscient."

2) La durée de la création

Il reste à faire une remarque importante pour compléter cette étude, concernant la durée de la création. En effet, le Coran annonce dans le verset ci-dessous que l’univers, y compris la matière galactique, a été  créé  ensix jours  (yawm), sans que Dieu  soit en rien atteintde fatigue (ceci semble être une réfutation de la thèse biblique déclarant qu’après la création en six jours, Dieu se reposa le septième).

 - Sourate 50, verset 38

"Certes Nous avons créé les cieux, la Terre et ce qui est entre eux en six jours (périodes), sans qu’aucune fatigue ne Nous ait touché."

 Le même sens, on le trouve aussi dans le verset suivant qui mentionne d’une façon évidente qu’il y a trois groupes de choses créées, à savoir :

 - celles qui se trouvent dans les cieux ;

- celles qui se trouvent sur la  Terre ;

- celles qui se trouvent entre les cieux et la Terre.

 - Sourate 32, verset 4 :

"Dieu est celui qui créa les cieux, la Terre et ce qui est entre eux en six jours (périodes)."

Il est à préciser en outre que la mention dans le Coran de  "ce qui est entre les cieux et la Terre" se trouve aussi dans au moins huit autres sourates.

Cependant, il ne faut pas comprendre le mot jour comme la durée qui sépare deux levers successifs du Soleil, car ce jour n’aurait pu être défini qu’après la création de la Terre. (Cette remarque a été faite par Maurice Bucaille dans son livre "La Bible le Coran et la Science" [1].) Ceci peut être compris aussi, à partir des versets  vus au §1.1. concernant la relativité du temps.

Remarque :

Il convient de souligner ici que le verbe « créa » utilisé dans le verset 4 de la Sourate 32,  mis au passé simple, est une (tentative de) traduction du verbe "khalaqa", verbe au passé accompli qui peut signifier en arabe, et en particulier dans le langage coranique, une action qui a commencé au passé mais qui se poursuit encore. D’après le texte coranique l’opération de création et de transformation ne s’achève pas.

Il est bien clair, que si on considère l’univers comme étant ce qu’il est, en évolution permanente, la durée de  sa  création coïncide avec son  âge (cf. §4- 2 - 2). Il devient alors possible, à mon avis, d’expliquer la création de la Terre en 2 jours (deux périodes) à partir du verset ci-dessous :

- Sourate 41, verset 9

"Dis : En vérité serez-vous infidèles envers Celui qui créa la Terre en deux jours (périodes)  ? Lui donnerez-vous des égaux ? Celui-là est le Seigneur des Mondes."

 

2.1) Durée de vie totale de la Terre

Comme nous le savons aujourd’hui, l’âge actuel de la Terre est approximativement égal à 4.6 milliards d’années. Nous admettrons donc qu’une période est égale à 2.3 milliards d’années. En s’appuyant toujours sur la notion "de création en périodes", il serait possible à mon sens de déduire une estimation de la durée de vie totale de la Terre à partir du verset suivant  :

 - Sourate 41, verset 10

"Il a placé sur elle des sommets immobiles. Il l’a bénie. Il y a réparti avec mesure ses nourritures en quatre périodes, en proportion convenable…"

 On comprend ici de l’expression : "Il a réparti avec mesure ses nourritures en quatre périodes", que ces périodes correspondent à la productivité de la Terre, et par  conséquent  à sa durée de vie totale, qui sera égale, d’après ce qui précède, à quatre périodes de 2,3 milliards d’années soit  9,2 milliards d’années.

 Remarque  :

 La date de la fin du Soleil peut être déduite des versets précédents, car elle coïncidera avec celle de la Terre. En effet, la durée de vie de la Terre est liée à la dilatation finale du Soleil (cf. deuxième article Fin du système solaire)

 2.2 Age de l’univers

 D’après les versets qui précèdent, on peut déduire le rapport entre l’âge de la Terre et celui de l’univers tout en se passant de la notion de "jour", qui est très relative dans le texte coranique. On a ainsi :

 (âge de la Terre) / (âge de l’univers) =2/6=1/3.

  Cette règle nous fournit une l’estimation de l’âge de l’univers.

 Comme nous l’avons dit, si nous estimons l’âge de la Terre à  4,6 milliards d’années, une période sera égale à 2,3 milliards d’années. Donc l’âge de l’univers serait égal à 13,8 Milliards d’années.

 Il est à noter qu’une nouvelle méthode de datation de l’âge de l’univers, s’appuyant sur des observations récentes effectuées par H. Richer & al de l’University of British Columbia (Canada) grâce au télescope spatial Hubble, a bien confirmé le chiffre de  13-14 milliards d’années environ. (cf. http://www.cirs.tm.fr/index-fr.htmActualités,  Les dernières brèves,Astronomie  : Nouvelle lecture de  l’âgedel’Univers (Mai 2002) et http://www.sciencedaily.com/releases/2002/04/020425072325.htm).

Une estimation plus récente (cf. http://www.cirs.tm.fr/index-fr.htm Actualités, Les dernières brèves, Astronomie  : Des informations plus précises sur les débuts de l’Univers (Février 2003) et http://www.gsfc.nasa.gov/topstory/2003/0206mapresults.html) propose un âge de 13.7 milliards d’années avec une incertitude de 100 millions d’années.

Il est intéressant de remarquer que le rapport (âge de la Terre) / (âge de l’univers) que nous avons déduit à partir des versets coraniques, était exact même à l’époque de la révélation du Coran. En effet, pour un écart de x périodes par rapport à cette date, ce rapport devient : (2+x)/(6+x) . Si on veut comparer ce rapport à la valeur 1/3 déduite ci-dessus (par exemple à 10-3 près), on aura :

 (2+x)/(6+x)] - 1/3 = 10-3

Ce qui implique un écart maximum x de 21 millions d’années, qui est négligeable par rapport à l’âge actuel de l’univers. Ainsi, à l’échelle historique, on peut considérer que le rapport (âge de la Terre) / (âge de l’univers) est constant et bien égal à 1/3.

3) Evolution de l’univers :

3.1) Formation et expansion de l’univers

Dans les versets suivants, le Coran indique que l’univers a été créé à partir d’une masse gazeuse avec de fines particules (1er verset), dont les éléments étaient initialement soudés  entre eux en un seul bloc,  qui se séparera par la suite (2-ème verset). L’expansion a démarré après l’opération de construction, et elle se poursuit encore (3-ème verset) (on utilise le présent pour le verbe étendre) :

- Sourate 41, verset 11

"Par ailleurs (Dieu) se tourna vers le ciel alors qu’il était fumée et Il lui dit ainsi qu’à la Terre  : Venez de gré ou de force ! Et le ciel et la Terre dirent : Nous venons obéissants."

- Sourate 21, verset 30

"Les impies n’ont-ils pas vu que les cieux et la Terre étaient soudés, que Nous avons ensuite séparés, et que de l’eau Nous avons fait provenir toute chose vivante ? Ehbien ! Ne croiront-ils donc point ?"

- Sourate 51, verset 47

 " Le ciel, Nous l’avons construit renforcé. En vérité Nous l’étendons."

(Le mot ciel désigne ici tout ce qui est à l’extérieur de la Terre.)

On voit bien que la description coranique de la création (1er verset) contredit d’une façon évidente la théorie classique du « Big Bang » selon laquelle l’univers aurait été au départ concentré en un point très chaud et très dense, mais d’une taille infiniment petite.

Dans la suite de cet exposé, nous entendrons par le terme "Big Bang" l’instant de démarrage de la formation de l’univers, selon le point de vue coranique et non pas selon la théorie de "l’atome primitif".

Notons que certains exégètes modernes ont évoqué la possibilité d’existence de plusieurs univers. Ils se sont appuyés sur le verset coranique suivant :

- Sourate 1, verset 1

"Louange à Dieu, Seigneur des mondes."

Ce verset  utilise le mot "‘alamin" pluriel du mot arabe " ‘alam" qui veut dire aussi bien « monde » qu’ « univers ».

Ce sens d’univers multiples, on l’a déjà rencontré dans le §1.3

3.2) Structure générale de l’univers

 De même, en s’appuyant sur les mêmes considérations de notion de périodes que ci-dessus, on comprend, à partir du verset ci-dessous :

- Sourate 41, verset 12

"Il a décrété les sept cieux en deux périodes, et à chaque ciel Il fixa son état par révélation."

 que la structure globale de l’univers n’a pas beaucoup changé après l’écoulement de deux périodes à partir du début de la création de l’univers (soit 4,6 milliards d’années). Ceci peut être clairement compris de l’expression "Il fixa son état". Par conséquent les changements majeurs dans l’évolution de l’univers se sont produits avant que l’âge de ce dernier n’atteigne les 4.6 milliards d’années. On peut ainsi supposer que dans ces 4,6 premiers milliards d’années, les galaxies étaient plus nombreuses, plus actives qu’aujourd’hui et subissaient d’incessantes collisions, agglomérations, etc.  C’est la période cruciale de l’histoire de l’univers d’après notre interprétation du Coran. En fait, ce que nous avons appelé stabilisation de la structure générale est une diminution dans l’activité d’évolution des galaxies, et ne constitue donc pas une contradiction avec l’évolution continue que nous avons évoquée au §1-2.

Remarque :

Il est intéressant de noter que jusqu’à présent, beaucoup d’astronomes pensent que les principales transformations qui ont affecté notre univers, se sont déroulées au cours des 300000 premières années après le Big Bang et qu’après cette date la structure générale de l’univers n’a pas beaucoup changé [5]. Nous constatons que cette idée correspond à ce que nous avons dit du verset 12 de la sourate 41. 

4) Effondrement de l’univers :

Il est intéressant de signaler que, jusqu’à présent les recherches actuelles en astronomie n’ont pas permis de savoir avec certitude si notre univers est fermé ou ouvert, car les paramètres d’expansion de l’univers ne sont pas bien estimés. Signalons toutefois que les dernières données semblent converger vers un univers ouvert. Pour le Coran, après l’expansion, il y aura un effondrement ; puis une renaissance exactement de la même façon que le début (donc un nouveau Big Bang)  :

- Sourate 21, verset 104

"Le jour où Nous plierons le ciel comme les lettres au rouleau ! Tout comme Nous avons commencé la première création, ainsi Nous la répèterons. - promesse sur  Nous !"

- Sourate 39, verset 67

"Ils n’ont pas estimé Dieu à sa juste mesure, alors qu’au Jour de la Résurrection, la Terre entière ne sera qu’une poignée (dans sa main), et les cieux seront pliés dans Sa main droite ... Gloire à  Lui ! Il est au-dessus de ce qu’ils Lui associent. "

Il  faut  se rappeler ici que  les lettres chez les anciens  arabes étaient écrites  surun support de papyrus ou de cuir... et étaient en  général  enroulées.

Ainsi,  la comparaison suivante peut être faite : l’univers était initialement une seule masse  (comparable à un papyrus mis sous forme de rouleau), l’expansion est comparable à l’ouverture de ce rouleau et l’effondrement de l’univers s’effectuera comme un papyrus qui est déjà ouvert et qui reprendra sa forme initiale (de rouleau) grâce à sa constante de torsion. Après cette action de "pliage", il y aura une répétition de  l’opération de création.

Voici un point de vue complémentaire, à propos du  verset 104 de la sourate 21 cité ci-dessus :

“Les dernières analyses indiquent que l’univers est condamné à une expansion continue. La masse de l’univers est insuffisante pour retenir son expansion ou permettre un effondrement. En outre, on évoque maintenant le fait que la constante cosmologique imaginée par Einstein soit non-nulle. Il existerait donc une force de répulsion à grande échelle associée à "l’énergie du vide". Cette énergie proviendrait de minuscules fluctuations quantiques du vide, où matière et antimatière se séparent avant de s’annihiler dans la plupart des cas. Cependant, dans ce processus, des fluctuations un peu plus importantes pourraient se maintenir et grandir. Mais, immédiatement, les dimensions de cet objet se détachent des dimensions espace-temps de notre propre univers. Ce serait le départ d’un nouvel univers. Une quantité innombrable d’univers pourraient ainsi naître en permanence, mais sans possibilité de communication avec le nôtre (univers détachés).

Bien que cette analyse soit différente, elle pourrait bien être interprétée à l’aide de la sourate citée plus haut. En effet, la théorie des cordes, qui prévoit ces fluctuations du vide, indique que ces objets sont sous- tendus par nos dimensions espaces-temps habituelles, en plus des nouvelles dimensions, qui sont celles qui vont se détacher si un nouvel univers "diverge" et se développe. Or, les dimensions ordinaires s’étendent sur un espace quasi-infini, et n’ont donc pas de courbure mesurable (géométrie plane ou à très faible courbure). En revanche, les nouvelles dimensions qui naissent des précédentes ont des dimensions quantiques, et sont donc courbées sur des rayons de l’ordre de la dimension d’un atome. Ainsi donc, l’image du "rouleau" et d’enroulement reflète assez bien ce concept, comme origine de la création d’un nouvel univers. A noter que c’est la meilleure théorie actuelle, mais comme toute chose en cosmologie, l’idée reste encore une spéculation. Il reste à la prouver par des observations. Notez qu’à bien y regarder, le verset n’évoque pas vraiment l’idée d’un effondrement. Simplement, ce qui a été fait pour créer notre univers se répèterait en continu à l’infini partout dans notre propre univers.”

Soulignons ici que, selon une étude récente présentée par P. Steinhardt (Princeton University) et N. Turok (Cambridge University), l’univers traverserait une succession sans fin de "Big Bang" et de "big crunch", séparés  par des périodes d’expansion et de contraction. Il est curieux de relever que les auteurs ont développé dans leur théorie la représentation de l’univers par deux feuilles de papier parallèles, (voir la sourate 21, verset 104) qui se rencontrent et rebondissent (cf.  http://www.sciencedaily.com/releases/2002/04/020429080540.htm).

On trouve aussi le même sens de renaissance cyclique de l’univers  dans le verset suivant qui  est déjà cité au §4.1.3

- Sourate 30, verset 11

"Dieu commence la création, ensuite Il la répète"

L’idée d’un cycle, qui implique un retour au début, peut être comprise de l’expression"Tout comme Nous avons commencé la première création". Cette expression peut signifier aussi la répétition de la création d’autres univers"... ainsi Nous la répéterons. - promesse sur Nous ... ". Mais même s’il en existe d’autres en nombre infini, notre univers est pour nous unique : c’est celui que nous habitons et nous n’en connaîtrons jamais d’autres. Si cette interprétation de la création d’autres univers s’avère correcte, il y aura donc une multitude d’univers qui seraient comparables à des bulles de savon, en mouvement systolique (contraction et expansion), sans contact entre elles.

Remarque :

Le Coran précise que le début de l’effondrement de l’univers aura lieu le Jour de la Résurrection. Or, dans le §.3 de l’article précédent, nous avons signalé l’existence du lien établi par le Coran entre le début du Jugement dernier et le deuxième gonflement du soleil, marquant ainsi la fin totale du système solaire. Si l’interprétation que nous avons avancée s’avère correcte, alors le début de l’effondrement (big crunch) de l’univers coïncidera au plus tard avec la fin du système solaire, qui aura lieu dans 4,6 milliards d’années (§2-1), soit 18,4 milliards d’années (§2-2) après le Big Bang.

Ainsi, d’après les versets qui concernent la création et l’évolution de l’univers, on pourrait établir la chronologie suivante :

- début de la création de l’univers, il y a 13.8 milliards d’années (le « Big Bang »)

- démarrage de l’expansion de l’univers, qui continue jusqu’à présent (voir la sourate 51, verset 47).

- stabilisation de la structure générale de l’univers après l’écoulement de deux périodes (soit 4,6 milliards d’années)(cf. §.3.2  Sourate 41, verset 12).

- démarrage de la création de la Terre après l’écoulement de deux autres périodes, soit 9,2 milliards d’années après le démarrage de l’expansion.

- la durée de vie du globe terrestre est de 9.2 milliards d’années. Sa fin est liée à la fin du système solaire (d’après la Sourate 81 verset 1 et la Sourate 41, verset 10), qui se produira environ 18,4 milliards d’années après le Big Bang.

 

5) Après l’effondrement de l’univers

 Reprenons le verset du §1- 4 de l’article précédent

 - Sourate 14, verset 48

 "Le jour où la Terre sera transformée en une autre Terre et les cieux aussi."

 On comprend de ce verset qu’après l’effondrement de l’univers, ce dernier sera transformé autant que la Terre. Donc, après la renaissance de l’univers, son évolution ne sera pas la même que celle que nous connaissons aujourd’hui.

 Il est intéressant de noter aussi que l’expression ("et les cieux aussi ") du verset précédent donne une autre confirmation de l’effondrement de l’univers (cf. §4 précédent Sourate 21, verset 104) qui aura une fin comme le système solaire, mais avec une chronologie différente.


 

 

CONCLUSION GENERALE

 

L’étude des versets coraniques incluant des notions scientifiques suscite de nombreuses interrogations, car elle semble ne montrer jusqu’à présent aucune discordance majeure avec les connaissances actuellement établies, bien différentes des idées qui régnaient  généralement en Arabie il y a quatorze siècles. Cependant nous sommes conscients du fait que notre étude est loin d’être exhaustive. Nous avons voulu surtout souligner  l’existence dans le Coran de versets à portée cosmologique, chose que tous les lecteurs objectifs ne peuvent nier. On peut relever plusieurs points d’ordre astronomique, en particulier le scénario de l’apocalypse et le sort final de la Terre et de la Lune (cf. §1.3). Nous avons noté d’autre part les paramètres d’expansion de l’univers, la difficulté des voyages spatiaux à l’extérieur du système solaire et en corollaire, la grande difficulté de détecter des traces de vie à grande distance. Un des intérêts  de cette étude réside aussi dans la différence entre la conception coranique et certaines connaissances actuelles, concernant des points qui ne sont pas établis d’une manière définitive. Je fais ici allusion à la stabilisation de la structure générale de l’univers, 4,6 milliards d’années après le démarrage du Big Bang, et au commencement de l’effondrement de ce dernier (big crunch) à l’époque de la fin du système solaire.

Dans le contexte actuel de mondialisation des cultures, il n’est plus permis à « l’honnête homme » d’aujourd’hui d’ignorer délibérément les enseignements apportés par d’autres traditions que la sienne. La prise en considération, sans a priori condescendant, des indications données par le Coran sur la marche de l’univers ne peut qu’enrichir sa réflexion. Si ce texte étonnant n’était que pure invention d’un homme doué d’une intelligence exceptionnelle, pourquoi celui-ci se serait-il hasardé à proposer des thèses scientifiques, qui risquaient d’être réfutées avec le temps ?

- Sourate 4, verset 82

"Ne méditent-ils donc pas sur le Coran ? S’il provenait d’un autre que Dieu, ils y trouveraient certes maintes contradictions !"

Les musulmans, quant à eux, considèrent que le Coran dépasse les possibilités de la raison humaine, et y reconnaissent une révélation d’origine divine. Mais cela ne les dispense pas d’en chercher l’interprétation la meilleure, étant donné ce que leur apprend par ailleurs l’expérience.

-Sourate 3, verset 190-191

« En vérité, dans la création des cieux et de la Terre, et dans l’alternance de la nuit et du jour, il y a certes des signes pour ceux qui sont dotés d’intelligence, qui, debout, assis, couchés sur leurs côtés, évoquent Dieu (toujours), et méditent sur la création des cieux et de la Terre (disant) : "O notre Seigneur ! Tu n’as pas créé (tout) cela en vain. Gloire à Toi." »)

Comme celui que nous venons de citer, de nombreux versets du Coran affirment que les phénomènes de la nature, objets de la connaissance scientifique, constituent pour les hommes des « signes » les invitant à reconnaître la Puissance divine créatrice. Nous conclurons en rappelant que c’est le même mot arabe (« ayat ») qui signifie « signe », et « verset » quand il s’agit du Coran.

 - Sourate 41, verset 53

"Nous leur montrerons Nos signes dans l’univers et en eux-mêmes, jusqu’à ce qu’il leur devienne évident que c’est cela (le Coran), la Vérité. Ne suffit-il pas que ton Seigneur soit témoin de toute chose ?"

Une nouvelle vision de l’évolution de l’Univers (1/3)
Une nouvelle vision de l’évolution de l’Univers (2/3)

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lundi 23 juillet 2007

Une nouvelle vision de l’évolution de l’Univers (2/3)
Une étude de l’astronomie dans le Coran
par Kamel Ben Salem e-mail à l'auteur

Nous allons examiner à présent les nombreux versets du Coran qui décrivent les phénomènes extraordinaires précédant la fin de ce monde. L’exégèse classique, centrée sur l’essentiel du Message prophétique, à savoir l’avertissement lancé aux humains pour qu’ils rectifient leur conduite en prévision du Jugement dernier, n’a pas prêté beaucoup d’attention aux détails de ces descriptions. Nous pourrons cependant y relever un certain nombre d’indications qui nous semblent aujourd’hui d’une surprenante pertinence.

2e partie

Phénomènes accompagnant la fin du système solaire

Nous allons examiner à présent les nombreux versets du Coran qui décrivent les phénomènes extraordinaires précédant la fin de ce monde. L’exégèse classique, centrée sur l’essentiel du Message prophétique, à savoir l’avertissement lancé aux humains pour qu’ils rectifient leur conduite en prévision du Jugement dernier, n’a pas prêté beaucoup d’attention aux détails de ces descriptions. Nous pourrons cependant y relever un certain nombre d’indications qui nous semblent aujourd’hui d’une surprenante pertinence.

D’après les données actuelles de la science, le Soleil est une étoile dont l’âge est estimé à 4.6 milliards d’années. Comme pour toutes les étoiles, on peut définir son stade évolutif. Le Soleil est actuellement dans le stade principal de son évolution, caractérisé par la transformation des atomes d’hydrogène en atomes d’hélium. Ce stade actuel devrait théoriquement durer encore 4,6 milliards d’années (cf. ci-dessous §.4 Durée de la création), jusqu’à l’achèvement de la transformation de l’hydrogène en hélium, et ensuite celui de la transformation de l’hélium en carbone et en oxygène. Une fois son énergie épuisée, le soleil devrait atteindre alors un état de stabilité.

Au stade final de la vie du Soleil, la transformation des atomes d’hydrogène en atomes d’hélium s’achèvera et aura pour conséquence la dilatation des ses couches externes. Comme nous le verrons ultérieurement, le Soleil se gonflera alors et déstabilisera la Lune. Cette dernière se fendra et chutera en fin de compte sur la Terre.

Le Coran donne au Soleil un terme évolutif et un lieu de destination.

- Sourate 36, verset 38

"Le Soleil vogue vers un état (ou lieu) de stabilité qui lui est propre. C’est la détermination du Puissant, de l’Omniscient."

Indiquons dès à présent que selon le Coran, le soleil, vers la fin de sa vie,  « gonflera ». Les conséquences de ce gonflement, énumérées par le Texte sacré, sont les suivantes : le ciel deviendra rouge et comparable à une rose écarlate, il y aura une augmentation de son intensité lumineuse, et les étoiles ne seront plus observables à partir de la Terre. Le Coran précise aussi qu’il y aura un rapprochement du soleil et de la lune,  (donc de la Terre). La lune sera déstabilisée par le soleil, elle se fendra alors et finira par chuter sur la Terre. Il y aura en outre une modification des orbites des planètes du système solaire. A la surface du globe terrestre, le Coran annonce un bouillonnement des mers et une dilatation des eaux, la désintégration des montagnes, la dilatation de la croûte terrestre… , tandis que la Terre subsistera malgré ces cataclysmes.

 
1) Fin du système solaire : les phénomènes célestes

Concernant le système solaire, le Coran a beaucoup parlé des phénomènes annonçant l’apocalypse. N’ayant pas de connaissances suffisantes en astronomie, les anciens exégètes musulmans se sont contentés de donner des commentaires sommaires (plutôt que des explications) des versets relatifs à ces phénomènes, considérés seulement comme des signaux indiquant la proximité du Jugement dernier.

C’est à travers une série d’émissions de télévision sur l’astronomie, présentée par la cinquième chaîne française, qu’il a été possible d’établir un lien entre les versets précités et  la fin du système solaire. La sourate la plus célèbre qui évoque le déclenchement de la dilatation du Soleil et les phénomènes qui vont en découler est la sourate 81, versets 1-6. Mais il faut noter que plusieurs autres sourates ont aussi parlé de ces phénomènes. Nous allons maintenant les passer en revue.

 - Sourate 81, verset 1

" Quand le Soleil deviendra comme un ballon en (état de) gonflement (kuwwirat)."

On remarque ici le choix spécifique du terme "kuwwirat" provenant du verbe  "kawwara"  (d’où le mot "kura(t)" qui veut dire ballon). Ce verbe est utilisé surtout pour désigner le bobinage sous forme de boule (par exemple d’un fil de soie ou d’un turban de tissu). On sait qu’au fur et à mesure que le bobinage s’effectue, le volume de la boule augmente. Ce qui se traduit par un gonflement de la boule.

Précisons aussi que dans le langage coranique, on trouve souvent des descriptions de phénomènes futurs utilisant des verbes mis au passé accompli. C’est en fait un style propre pour exprimer avec certitude l’occurrence des évènements cités.

D’après ce que l’on sait aujourd’hui, vers la fin de sa vie, le Soleil subira effectivement cette transformation : son volume augmentera avec le temps pour constituer une étoile géante rouge. Comme le savent les spécialistes, le gonflement du Soleil se traduira par un rapprochement de la surface du Soleil de l’orbite terrestre. Ce rapprochement de l’orbite terrestre n’est pas explicitement mentionné dans le Coran (cf. section 3.1-d Sourate 75, verset 9), mais est évoqué par un  "Hadith" (propos du prophète Muhammad rapporté par la tradition, distinct du Coran révélé, mais faisant autorité pour les musulmans en second lieu, étant donné qu’ils considèrent également Muhammad comme un visionnaire exceptionnellement clairvoyant).

 "A l’approche de l’apocalypse,  le Soleil se rapprochera de la surface terrestre" [3].

 Plusieurs conséquences du gonflement du Soleil et de son rapprochement de la surface terrestre sont citées dans le Coran. Mais les évènements qui en résultent ne sont pas cités dans l’ordre. Nous allons décrire d’abord ici les phénomènes célestes :

 
a) Aspect du ciel

Nous savons aujourd’hui que lorsque le Soleil deviendra une géante rouge, le disque solaire occupera une grande partie de la voûte céleste. Le jaillissement de cette géante rouge, au volume impressionnant, donnera l’illusion d’un envahissement du ciel.

Nous pouvons mentionner à ce sujet le verset du Coran qui compare l’aspect du ciel à la fin des temps à celui d’une rose : le Soleil représente le cœur de la rose et le fond du ciel a une couleur comparable à celle du cuir rouge (pétales de la rose) :

 - Sourate 55, verset 37

"Puis, quand le ciel éclatera et  deviendra (comme une) rose écarlate (comme le cuir rouge)".

Le verset suivant décrit encore plus précisément l’aspect général du ciel qui, en plus de sa couleur rouge, possèdera une forte brillance, comme celle d’un métal en fusion.

- Sourate 70, verset 8

"Le jour où le ciel sera comme du métal en fusion".

 

Remarque :

Il est intéressant de noter ici, que, si on arrive à faire une simulation détaillée du Soleil au stade de géante rouge et de son atmosphère, on comprendra peut-être pourquoi le Coran a choisi de comparer l’aspect de la voûte céleste à une rose écarlate : est-ce seulement pour sa couleur ou bien pour sa couleur et sa forme ? Si on admet que dans le texte coranique, il y a un choix judicieux jusque dans l’utilisation des lettres et leur fréquence [2], ne peut-on en dire autant du choix des mots ? A notre sens, c’est la deuxième hypothèse (couleur + forme) qui est la plus vraisemblable.

D’après les données actuelles de la science, le soleil, lors de son dernier spasme, qui durera quelques milliers d’années, occupera toute la voûte céleste et ressemblera sûrement à l’une de ces étoiles agonisantes maintes fois observées par le télescope spatial Hubble (on peut en voir des images au site http://www.aspsky.org/ngc/ngc_6-7k.html , en  particulier  la nébuleuse "Œil du  chat" (cf. http://oposite.stsci.edu/pubinfo/jpeg/NGC6543a.jpg)). Celles-ci ont expulsé leur enveloppe de gaz, donnant naissance à de superbes nébuleuses planétaires.

 
 b/ Augmentation de l’intensité lumineuse sur le globe terrestre

 Le verset suivant annonce que la luminosité sur le globe terrestre deviendra très intense, provoquant un éblouissement du regard.

- Sourate 75, verset 7

 "Lors donc que le regard s’éblouira."

Il est à noter, cependant, que le verset précédent, comme ceux qui se rapportent à l’épisode final de la vie du soleil n’exprime pas nécessairement ce qui sera "observé" ou "vécu" par des habitants éventuels de la Terre, car certainement la Terre sera devenue inhabitable bien avant cela. L’éblouissement du regard n’est donc qu’une manière d’expliquer l’augmentation de l’intensité lumineuse, n’impliquant pas qu’il y aura à cette époque des êtres humains pour observer ce phénomène. En effet, le Coran décrit l’apparition d’autres phénomènes, par exemple le bouillonnement des mers et des océans (cf. § 2 - b) à cause de l’augmentation des températures. Ceci suppose donc une évaporation de l’eau de la surface terrestre, éliminant ainsi toute forme de vie. 

 
c/ Les étoiles ne seront plus observables

Les deux versets suivants expliquent que les étoiles seront difficilement observables à partir de la Terre, probablement à cause de l’intensité lumineuse (du Soleil) devenue très forte, comme on l’a déjà mentionné.

 - Sourate 77, verset 8

"Quand, donc, les étoiles seront obscurcies. "

- Sourate 81, verset 2

"Et que les étoiles deviendront ternes. "

 

d/ La lune ne sera plus observable

La difficulté d’observation, due à  l’augmentation de l’intensité lumineuse solaire, ne sera pas limitée aux seules étoiles, elle couvrira en réalité tous les autres corps célestes. En effet, quand la terre sera baignée dans l’éclat extrême du soleil, il sera impossible d’observer même la Lune, comme le suggère le verset suivant :

 - Sourate 75, verset 8

"et que la Lune s’éclipsera."

Dans la vision coranique, l’éclipse de la Lune annoncée est consécutive à l’augmentation de l’intensité lumineuse, en effet ce dernier verset suit immédiatement le verset 7 de la même Sourate 75, cité plus haut (cf. § 1-b), qui parle de l’éblouissement du regard. Il s’agit donc d’une éclipse finale et irréversible.

Pour un observateur terrestre habitué à l’éclat lunaire, la non visibilité de la Lune lui donnerait l’illusion qu’il y a eu une fusion ou "réunion"  entre les deux corps célestes (Soleil et Lune). Rappelons que le texte coranique a bien donné dans la sourate 25, verset 61, une qualification distinctive pour le Soleil (qu’il désigne par flambeau), et pour la lune (qu’il désigne  par clarté) (cf. §2 - 3). Nous pouvons prévoir qu’après le déclenchement du processus de gonflement du Soleil, la lune sera totalement immergée dans l’atmosphère solaire. Il n’apparaîtra dans la voûte céleste que la géante rouge. Les deux corps célestes ne sont plus distingués, comme l’envisage le verset suivant :

 - Sourate 75, verset 9

"... et le Soleil et la Lune seront réunis."

Remarque :

Ce verset est également commenté par un "Hadith" (propos rapporté par la tradition) du prophète Muhammad [3] (vol. 4, N°422) décrivant le soleil et la lune comme « baignés tous les deux dans le feu ». Ceci pourrait traduire l’immersion de ces deux corps célestes dans l’atmosphère solaire de très haute température. Le même "Hadith" fait allusion à l’augmentation du volume des deux corps célestes. Pour le soleil, le Coran a déjà évoqué ce phénomène, pour la lune on peut imaginer qu’il s’agit d’une dilatation sous l’effet de la chaleur intense du soleil.

Finalement, il est probable que par la présence de l’atmosphère ténue de l’étoile (Soleil et Lune « réunis »), la lune sera soumise à des forces visqueuses et perdra graduellement son énergie, ainsi que son moment angulaire. Ceci va se traduire par une déstabilisation de son orbite (freinage orbital). L’orbite de la lune va alors se rétrécir petit à petit, ce qui va entraîner sa chute progressive sur le sol terrestre, après fragmentation.


e/ Fragmentation de la Lune

Bien avant que la lune ne tombe sur le sol terrestre, on sait aujourd’hui que les effets de marée de la Terre sur la lune finiront par la briser en dessous d’une certaine distance, connue sous le nom de limite de Roche. Cette « brisure » de la Lune se produirait sans doute d’un coup, et brutalement, une fois la limite atteinte, or c’est ce que décrit le verset suivant :

- Sourate 54, verset 1

"L’Heure approche, et la Lune se fend."

Une deuxième interprétation de ce verset consiste à supposer que la fragmentation de la Lune est une conséquence de sa dilatation (cf. remarque citée plus haut du § 1
-  d). Mais si on tient compte des versets cités au § 2- e (voir ci-après) qui laissent supposer que les fragments lunaires vont chuter sur la surface de
la Terre, alors la thèse de la fragmentation sous l’effet du freinage orbital serait plus plausible.

La fragmentation de la Lune devrait constituer la dernière étape de sa disparition du système solaire. Il est évident que le Soleil ne pourrait déstabiliser la Lune qu’après avoir englouti les deux planètes Mercure et Vénus qui lui sont  plus proches que la Lune.

f) Modification des orbites des planètes du système solaire

Le Coran précise qu’il y aura une dispersion dans le mouvement des planètes du système solaire (modification des orbites), y compris la Terre (voir remarque ci-dessous § 2-b).

- Sourate 82, verset 2

 "... et que les planètes se disperseront (intatharat)."

Ceci est confirmé par l’utilisation du terme arabe « intatharat » qui signifie une dispersion organisée, par opposition au terme « tanatharat » qui signifie une dispersion aléatoire.

 

 2) Fin du système solaire : les phénomènes terrestres

 Les phénomènes qui affecteront le globe terrestre au cours de la dilatation progressive du Soleil sont décrits dans plusieurs versets coraniques. Dans ce qui suit, nous allons les passer en revue.

a) Mouvement d’exode et de rassemblement des animaux sauvages

A partir d’un certain seuil de réchauffement du globe terrestre, les incendies deviendront de plus en plus fréquents dans les forêts. Les animaux sauvages, sentant le danger, amorceront des fuites générales et continues, ce qui correspondra à de grands rassemblements, comme l’indique le verset suivant :

 - Sourate 81, verset 5

"...Et les bêtes sauvages rassemblées "

 

b) Bouillonnement et débordement des mers et des océans

 Le Coran annonce, par suite du gonflement du Soleil, la surchauffe des mers et des océans, comme par exemple dans le verset ci dessous :

 - Sourate 81, verset 6

 "et les mers, surchauffées. "

La surchauffe des mers et des océans provoquera leur bouillonnement, comme l’affirme le verset suivant :

- Sourate 52, versets 5-6

 "(Je jure) …par la haute voûte, par la mer bouillante… "

 Le bouillonnement des mers et des océans s’accompagnera d’une dilatation des eaux, comme le prévoit le verset ci-dessous :

 - Sourate 82, verset 3

"et que les mers seront déversées. "

 La surchauffe et la dilatation des eaux des mers et des océans marquent sans doute une première étape avant leur évaporation. A notre sens, ces phénomènes se dérouleront au début du processus de gonflement du Soleil et en tout cas avant la destruction de la Lune par le Soleil. Car à ce moment là, la surface de la Terre devrait déjà être entièrement liquéfiée sous forme de lave en fusion. 

 
Remarque :

Il est bien évident que l’évaporation des mers et des océans entraînera une perte considérable de la masse du globe terrestre. Mais il faut noter aussi que lorsque le Soleil deviendra une géante rouge et atteindra son volume maximum, il aura déjà perdu une partie de sa masse. D’après la loi de la gravitation de Newton, une fraction de perte de masse (par rapport à la masse initiale) plus élevée pour le soleil que pour la terre entraînera un éloignement de l’orbite de la terre par rapport au soleil et vice-versa. Comme l’atmosphère solaire se perdra alors dans l’espace intergalactique, la conclusion précédente reste a fortiori valable pour toute planète (survivante). Ainsi le terme "se disperseront " (cf. §1 -f) doit être  compris dans le sens "s’éloigneront plus du soleil ". Le changement d’orbite pour les planètes survivantes du système solaire dont en particulier la Terre, nous permet de déduire qu’il y aura des modifications dans sa révolution et sa rotation, d’où un changement de la durée du jour, de la nuit et de l’année.

c) Dilatation de la croûte terrestre

De même, le réchauffement du globe à une très forte température entraînera sa dilatation,  d’où une répulsion et un rejet de son contenu (probablement les éléments les plus volatils : atmosphère, eau et certains éléments piégés actuellement sous la surface).

- Sourate 84, versets 3-4

".... et que la Terre sera dilatée et qu’elle rejettera ce qui est en elle et se  videra."

Remarque :

La dilatation de la Lune n’est pas citée explicitement dans le Coran, elle est en fait mentionnée dans le "Hadith" du prophète que nous avons cité dans la remarque du §1-d.

d) Pulvérisation des montagnes

Le sort des montagnes, caractérisées habituellement par leur solidité, est prédit dans le  verset suivant :

- Sourate 101, verset 5

" ... et les montagnes comme laine cardée."

Le choix de l’expression "laine cardée" traduit en fait le changement de la nature des roches qui forment les montagnes et qui, initialement très compactes et très solides, vont devenir par la suite, sous l’effet de la chaleur, très molles et plus volumineuses (comme la laine cardée). Ceci indique nettement la cause de changement de leur état, à savoir la température excessive régnant sur le globe terrestre après la dilatation du soleil.

Un autre fait  confirmant cette interprétation est un second verset indiquant que les montagnes fondront comme "des dunes de sable croulantes", perdant petit à petit de leur hauteur et de leur solidité :

- Sourate 73, verset 14

 "… tandis que les montagnes sont comme des dunes de sable croulantes."

La comparaison à des dunes de sable croulantes montre la perte progressive de hauteur et de solidité des montagnes. Ces deux phénomènes confirment l’idée que les roches de ces montagnes seront alors en cours de fusion. Cette fusion  continuera jusqu’à ce que ces dernières soient complètement aplaties sur le sol terrestre, ainsi que l’envisage le verset suivant :

- Sourate 20, versets 105 -106

 "On t’interrogera sur le sort des montagnes. Dis : « Mon Seigneur les démolira, Il fera d’elles une aire toute plane »."

Autrement dit, les montagnes seront totalement désintégrées (sous l’effet de la chaleur).

On retrouve aussi la même idée de désintégration des montagnes dans le verset suivant :

- Sourate 56, versets 5-6

"Et les montagnes seront réduites en miettes pour finir en particules  éparses."

Ainsi les montagnes, même les plus solides et les plus élevées, finiront par être émiettées et deviendront comme des mirages, ce qu’évoque le verset suivant :

- Sourate 78, verset 20

 "et les montagnes … deviendront (comme) un mirage"

On peut supposer, d’après les versets précédents, que si les montagnes réputées pour leur solidité se mettent à fondre, la croûte terrestre subira le même sort.

e) Chute des débris lunaires sur le globe terrestre

Dans un autre verset, il est précisé que la Terre (le sol terrestre) et les montagnes seront tassées et écrasées d’un seul coup fatal (le Coran  utilise pour désigner ce qui va se produire, le verbe "dakka" qui veut dire tasser, écraser, pilonner).

- Sourate 69, versets 13-14

"et que la terre (le sol) et les montagnes seront soulevées, puis pilonnées d’un seul coup. Ce jour-là alors, l’Evènement se produira."

Le soulèvement évoqué ci-dessus est à relier à la dilatation de la croûte terrestre (cf. §2-c). Le pilonnage du sol terrestre et des montagnes,  à la suite d’un seul et unique coup, qualifié par le Texte coranique de fatal, ne traduit-il pas le résultat de la chute du plus gros morceau (géant) de la Lune, après qu’elle se soit  fragmentée, (cf. §1.e) sur la surface terrestre, qui aurait le même  effet destructeur que l’explosion de multiples bombes atomiques ? Il est certain que ceci constituera un évènement remarquable et sans précédent dans la vie du globe. Comme le dit le verset ci-dessus : "Ce jour-là alors, l’Evènement se produira. "

Le texte coranique précise même l’occurrence  de cette secousse violente. En effet, d’après le verset 14 de la Sourate 73 (déjà cité au paragraphe précédent), la terre (le sol) et les montagnes ne trembleront qu’une fois les montagnes devenues comparables à des dunes de sable croulantes, c’est-à-dire quand elles auront beaucoup perdu de leur hauteur. Autrement dit, le grand événement ne survient que dans la phase cruciale de désintégration des montagnes. 

- Sourate 73, verset 14

"Le jour où la terre (le sol) et les montagnes seront ébranlées, tandis que les montagnes sont comme des dunes de sable croulantes "

Il est à noter que le texte coranique signale qu’après "le grand évènement" (secousse violente du sol terrestre), le sol terrestre subira des pilonnages successifs qui pourraient n’être que les résultats de la chute des restes de débris  lunaires.

- Sourate 89, verset 21

 "…quand la terre (le sol) subira pilonnage après pilonnage."

Comme autres conséquences du pilonnage du sol terrestre par les énormes météorites lunaires, il y aura formation de "tourbillons" dans le ciel comme l’indique le verset suivant :

- Sourate 52, verset 9

 "Le jour où le ciel sera agité d’un tourbillonnement."

L’agitation du ciel par un tourbillonnement sera accompagnée par la formation d’un véritable écran nuageux et poussiéreux, formé de cendres, dont l’épaisseur atteindrait probablement plusieurs dizaines de kilomètres et qui couvrira le globe terrestre. La couverture du globe terrestre par une très grande masse de fumée ("des nuées") est précisée dans le verset suivant :

 - Sourate 25, verset 25

"Et le jour où le ciel sera fendu par les nuées ... "

Le verset qui suit nous décrit une fumée inhabituelle, inconnue des contemporains du Prophète. Cette fumée se produira sans doute à la suite d’impacts très violents, dus à des collisions énergiques de très gros corps rocheux (météorites lunaires) sur le sol terrestre. Cette fumée sera donc très dense et unique dans son genre (fumée singulière).

- Sourate 44 , verset 10

 "Eh bien !  Guette le jour où le ciel s’emplira d’une fumée singulière. "

A part la mention, dans les versets évoqués plus haut, d’une secousse très violente, d’un tourbillon dans le ciel et de la formation d’un gigantesque écran de fumée qui enveloppera le globe terrestre, on ne trouve pas dans le texte coranique des versets qui permettent de déduire d’une façon explicite d’autres conséquences de la chute de météorites lunaires géantes sur le sol terrestre. C’est à travers des "Hadiths", que nous avons compulsés, que nous pouvons relever d’autres effets, notamment le ralentissement de la vitesse de rotation du globe terrestre.

On sait que la lune assure la stabilité de la course de notre planète. Les perturbations qu’exercent les consœurs de la Terre : Vénus, Mars, Jupiter et les autres pourraient, en l’absence de la lune, entrer en résonance avec le mouvement de l’axe de rotation terrestre. La terre ne quitterait pas sa trajectoire actuelle, mais son mouvement risquerait d’être chaotique et  totalement  imprévisible.

Il est précisé dans un "Hadith" qu’à l’approche de l’apocalypse :

"une journée deviendra comme une année, puis comme un mois, puis comme une semaine…puis elle deviendra  comme une journée actuelle"  [3]

A notre sens, le frottement et le contact violent de météorites lunaires géantes (quelques centaines de kilomètres de diamètre) avec le sol terrestre, ajouté aux forces de marée du soleil devenu si proche, une fois que ce dernier aura atteint sa taille maximale, provoquera un freinage de la vitesse de rotation du globe terrestre autour de son axe. Ce freinage se traduira par une durée plus longue pour la journée. Si on prend une interprétation à la lettre du "Hadith" précédent, « une journée deviendra comme une année »  implique un ralentissement et une réduction de la vitesse de rotation initiale à une fraction de 1/365 de celle-ci. Le ralentissement dans la vitesse de rotation diminuera petit à petit, jusqu’au rétablissement de la vitesse initiale.

 Remarque :

Comme nous pouvons le constater, les citations coraniques concernant les conséquences du passage du Soleil au stade de géante rouge sur l’évolution de la surface terrestre, ainsi que sur les autres planètes du système solaire, décrivent une multiplication de faits, sans fournir la chronologie de ces évènements. A titre d’exemple, quand le Coran annonce qu’il y aura une dilatation de la croûte terrestre (cf. §2.c) et que les montagnes seront pulvérisées (cf. §2.d), ces phénomènes ne pourront avoir lieu qu’après le bouillonnement et l’évaporation  des mers et des océans (cf. §2.b). Ils sont évidemment séparés par des milliers (ou millions) d’années.

 
3) Après l’effondrement du système solaire

Le Coran a dissocié les phénomènes liés à la fin du système  solaire, et le phénomène d’effondrement de l’univers (cf. §dernier article). En effet, les versets que nous venons d’exposer parlent seulement du Soleil, de la Lune, de la Terre et des astres qui tournent autour du Soleil. Le Coran a précisé dans la  Sourate 82, verset 2 (cf. §1-f) que les planètes se disperseront. Donc, seuls les astres du système solaire seront affectés par le phénomène du gonflement du Soleil. Le Coran ne parle pas des étoiles lointaines, qui sont extérieures à notre système solaire. Les seules citations qui concernent les étoiles se trouvent dans la  Sourate 77, verset 8 et Sourate 81, verset 2 (cf. §1-c), indiquant que dans la phase du ballonnement du Soleil, les étoiles seront ternies et deviendront difficilement observables.

Il est très intéressant de noter que le Coran a précisé, en ce qui concerne la Terre, qu’au moment de l’apocalypse,  celle-ci sera transformée en une autre Terre. Son aspect général  ne sera pas le même que celui d’aujourd’hui.

- Sourate 14, verset 48

"Le jour où la Terre sera transformée en une autre Terre - et les cieux aussi."

La Terre subira certainement de grandes transformations dues au ballonnement du soleil et à son rapprochement de la surface terrestre. Mais ces transformations ne concernent sans doute pas que la croûte terrestre. Ceci peut être confirmé par le fait que  le texte coranique a évoqué dans la Sourate 82, verset 2 " ... que les planètes se disperseront." (cf. §3.1-f) autrement dit,  on peut supposer que la Terre et ses consœurs Mars, Jupiter et les autres s’éloigneront davantage du soleil (changeront d’orbites) et continueront donc à tourner autour du soleil, qui va ainsi épuiser progressivement son énergie.

Il est intéressant aussi de noter que l’utilisation dans le verset précédent de l’expression "transformée en  une autre Terre" n’est pas accompagnée de détails qui auraient risqué de choquer les contemporains du Prophète, qui l’ont d’ailleurs déjà accusé de folie et de magie, car la révélation coranique ne s’accordait pas avec leurs croyances et leur vision du monde.

Les calculs astrophysiques montrent que lorsque le Soleil commencera à manquer d’hydrogène, il se mettra alors à gonfler jusqu’à devenir une géante rouge qui engloutira les deux planètes les plus proches, Mercure et Venus. Le Soleil deviendra alors beaucoup (au moins cent fois !) plus brillant qu’il ne l’est aujourd’hui. Ayant épuisé totalement son hydrogène, le Soleil commencera à brûler son hélium, qu’il transformera alors en carbone et en oxygène. Ce brutal changement de régime le fera dégonfler subitement jusqu’à un certain seuil, puis la combustion s’emballera de nouveau et l’astre se remettra à enfler, encore plus vite que la première fois. Enfin, une fois que le Soleil aura épuisé tout son hélium, ce qui se produira sur un temps beaucoup plus court que le stade actuel de fusion de l’hydrogène, l’astre s’effondrera sur lui-même, faute d’une source d’énergie interne. Il deviendra une naine blanche, qui brillera faiblement, puis s’éteindra.

 Il en résulte que sur le globe terrestre, la luminosité, qui aura atteint son maximum avec la dilatation du Soleil, commencera à diminuer progressivement avec la contraction finale de ce dernier, jusqu’à ce que le globe soit plongé dans une quasi-obscurité. Avec le second gonflement, la terre resplendira de nouveau de lumière.

Revenant au Coran, nous constatons qu’après avoir parlé du phénomène de gonflement du Soleil et de ses conséquences (cf. §1 et §2), il mentionne que la Terre resplendira de lumière (cela marquera, selon le Coran, le début du Jugement des êtres humains pour leurs actions sur terre).

- Sourate 39, verset 69

"Et la Terre resplendira de la lumière de son Seigneur ; le Livre sera déposé, et on fera venir les prophètes et les témoins ; on décidera parmi eux en toute équité et ils ne seront point lésés. "

 Nous avons indiqué au début de ce paragraphe ( Sourate 14, verset 48) que notre planète ne subira pas le même sort que la Lune. Le verset cité ci-dessus (Sourate 39, verset 69) confirme cette interprétation.

Une nouvelle vision de l’évolution de l’Univers (1/3)
Une nouvelle vision de l’évolution de l’Univers (3/3)

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lundi 23 juillet 2007

Une nouvelle vision de l’évolution de l’Univers (1/3)
Une étude de l’astronomie dans le Coran
par Kamel Ben Salem e-mail à l'auteur

Dans ces articles, nous nous intéressons à l’analyse des descriptions coraniques de phénomènes liés à l’évolution de l’univers et ce, au vu des connaissances actuelles dans ce domaine. Nous aborderons les versets relatifs à l’astronomie selon trois points de vue successivement : le premier article recensera les versets concernant le système solaire, le second décrira les phénomènes qui s’y produiront, selon le Coran, à l’approche de sa fin, enfin le dernier sera consacré à ceux qui concernent l’univers en général et sa durée. A partir de la relativité du temps, exprimée dans le texte coranique, nous pourrons fournir une estimation de la structure initiale de l’univers, de la chronologie générale de sa formation, et de la date du début de ce qui pourrait constituer son effondrement (big crunch).

Avant-Propos

La confrontation des textes des Ecritures Saintes avec les données de la science a été de tout temps pour l’homme un sujet de réflexion. C’est dans ce cadre que beaucoup de chercheurs se sont penchés sur les enseignements de la Bible, et du Coran, afin de chercher leur degré de compatibilité avec les données de la science moderne.
Dans le présent article, nous amorçons une étude des versets coraniques touchant à l’astronomie, sans chercher à en privilégier certains. Notre choix de ce thème a été motivé par le fait que la majorité des versets coraniques qui abordent des notions scientifiques traite de ce sujet particulier.
Précisons que le but du présent article n’est pas le "concordisme", cherchant à concilier à tout prix le Coran et la science moderne, c’est plutôt l’analyse d’un document ancien, mais toujours vivant pour les musulmans, et la confrontation de certaines de ses indications avec les connaissances actuelles. Les interprétations des versets relatifs au destin futur de l’univers ne doivent être en aucun cas prises comme une nouvelle " théorie " ou " preuve " qui semblerait être sur le même plan que les théories scientifiques elles-mêmes. L’essence de notre travail est une recherche du sens au niveau de l’humain et du message religieux. L’approche est donc tout à fait différente de l’approche scientifique et se joue sur un autre terrain, qui peut être considéré comme complémentaire du savoir rationnel. Il ne s’agit ici en aucun cas de proposer un modèle alternatif de l’univers, en remplacement de ceux patiemment déduits par les astronomes à partir de leurs observations.
Notre apport se situe au niveau de l’intersection des deux domaines : en quoi notre connaissance actuelle peut-elle éclairer notre compréhension des textes anciens ? Dans l’autre sens aussi, en quoi un message prophétique, relativement éloigné dans le passé, peut-il correspondre ou être en désaccord avec le savoir de notre époque ?
Le savoir rationnel ne peut cautionner le message religieux, ni l’inverse d’ailleurs. Cependant, les deux aspects sont une source inépuisable de questions et d’interrogations qui renvoient l’un à l’autre, en nous aidant à rechercher un sens à notre existence.







Etude des versets du Coran touchant au domaine astronomique

1ère partie

 

1) INTRODUCTION

 1 -1) Problématique actuelle :

 Il y a un siècle environ, la création de l’univers était un concept que les astronomes ignoraient en tant que tel. L’idée communément admise était celle d’un univers éternel. En examinant l’univers, les scientifiques supposèrent qu’il s’agissait simplement d’un agrégat de matière et s’imaginèrent qu’il n’avait pas de commencement. L’idée d’une création était écartée, c’est-à-dire celle d’un moment où l’univers et tout ce qu’il contient commence à exister. Ce n’est qu’après l’avènement de la théorie du « Big Bang » dans les années cinquante que les astronomes ont admis que l’univers avait un début, qu’on peut considérer comme l’instant de sa création. Mais cette grandiose découverte a rendu les astronomes de plus en plus avides de trouver la réponse à une multitude d’interrogations. Quel est le devenir de notre univers ? Quel est le devenir de notre système solaire et de notre planète en particulier ?  En examinant l’histoire multimillénaire de l’homme, on constate que nos ancêtres se posaient aussi des questions similaires, sans toutefois pouvoir apporter des réponses scientifiques. En ce qui concerne la civilisation arabo - musulmane, les traditionalistes rapportent de telles interrogations chez les premiers musulmans du septième siècle. C’est en partant de ces faits que nous  nous sommes proposés d’étudier en toute objectivité le Coran, Livre saint des musulmans, pour examiner dans quelle mesure ce Livre, datant du septième siècle, abordait ce problème fondamental.

 Ce papier constitue donc une contribution, qui demande à être approfondie, à l’exégèse de ce document ancien qui, contrairement à ce que pensent certains, renferme des allusions et affirmations tout à fait étonnantes, méritant d’être examinées en toute objectivité et sans idées préconçues, par des observateurs impartiaux.

 1 - 2) Contexte de la Révélation coranique :

 Avant l’époque de la Révélation (vers 610 après J.C), toute la péninsule arabique baignait dans l’ignorance et l’obscurantisme. Les  habitants du désert menaient une vie  très humble et primitive. On raconte à ce propos que des bandits avaient un jour attaqué une tribu et  pris en otage la fille du chef. Ensuite ces bandits avaient chargé un complice d’échanger la fille contre une rançon. Ce dernier demanda au père une rançon de 100 chameaux. Par la suite, ses compagnons lui reprochèrent de n’avoir  pas exigé davantage de chameaux, étant donné que le chef de la tribu était connu pour sa richesse. Et le rançonneur de répondre tout simplement qu’il ne savait pas qu’il existait un nombre supérieur à 100.

 Dans ce milieu souvent assez barbare (pratiquant par exemple l’infanticide des fillettes, qu’on enterrait vivantes), éloigné des grands centres de civilisation de l’Antiquité, survivaient, en même temps que le polythéisme, toutes sortes de croyances magiques. Les explications les plus merveilleuses et les plus fantaisistes étaient données aux phénomènes de la nature. Le texte du Coran tranche par sa sobriété sur tout ce folklore mythologique, et par ses incitations constantes à l’observation, au raisonnement, et à la réflexion, marque l’avènement de l’esprit rationnel dans ce milieu tribal jusqu’alors régi par de multiples superstitions.

 Un exemple historique peut illustrer ce propos. Le jour de la mort en bas âge du dernier fils du Prophète Muhammad, Ibrahim, qu’il chérissait beaucoup, il se produisit une éclipse de soleil. Les gens commencèrent à dire que le soleil s’éclipsait pour la mort d’Ibrahim. Le Prophète, les larmes aux yeux, s’écria alors : «  Certes le soleil et la lune ne s’éclipsent ni pour la mort de quelqu’un, ni pour sa vie. Ce (les éclipses) ne sont que deux signes parmi les signes de Dieu, et lorsque vous les voyez, priez. » (rapporté par le grand traditionniste Bukhari, vol.2) 

 Le seul atout des Arabes du désert était qu’ils maîtrisaient bien leur langue. De célèbres  concours de poésie avaient lieu. Il y avait même des gens qui étaient capables de construire une phrase ou un vers traitant d’un sujet bien précis, et pouvant être lu dans les deux sens (palindrome). Dans ce contexte où l’éloquence représentait l’une des principales valeurs, le Coran s’imposa magistralement par sa grande beauté, sa force expressive, sa densité symbolique, que les personnes qui connaissent la langue arabe ressentent encore aujourd’hui. Rappelons que le texte du Coran ne peut pas être confondu avec les paroles ordinaires du prophète Muhammad, qui entrait dans un état très particulier lorsqu’il recevait une révélation. Les vérités claires qu’apportait le Coran, fondant une religion alliée de la raison, optimiste et accessible à tous, convainquirent en peu de temps des populations déjà séduites par le miracle stylistique (i’jâz). Notons que certains versets coraniques défient explicitement les hommes de produire une seule sourate pouvant rivaliser avec le Texte sacré, par exemple les versets 23-24 de la sourate 2, ou le verset 88 de la sourate 17, cité ci-dessous :

 

 - Sourate 17, verset 88

 « Dis : « Même si les hommes et les djinns s’unissaient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran, ils ne sauraient produire rien de semblable, même s’ils se soutenaient les uns les autres ».

 

 Signalons qu’une étude du texte coranique, intitulée "le miracle" [4] a été récemment publiée par un ingénieur syrien. Dans cette étude, l’auteur s’appuie sur des considérations purement statistiques. Ainsi, il a examiné la symétrie  dans l’utilisation des mots et des lettres, c.-à-d. ce que nous appelons en termes d’analyse des données "les oppositions".

 Il a pu ainsi démontrer un résultat important (et qui semble être général pour le texte coranique), à savoir que pour un verset ou une sourate donnée, la fréquence d’utilisation des mots ou des lettres est en relation étroite avec le sujet traité. Il a montré que les mots et les lettres du texte coranique occupent des places bien déterminées les uns par rapport aux autres, exactement comme le sont les positions des étoiles dans l’univers.  Dans le verset cité ci-dessous, Dieu jure par les positions des étoiles que le Coran  est véridique.

 

 - Sourate 56, versets 75-76

 « Je jure par les positions des étoiles ! - et en vérité c’est un serment considérable, si vous saviez !- que le Coran  est véridique ... »

 

 « La Tradition parle d’ailleurs d’une Révélation descendue par « étoilement » (c’est-à-dire par fragments renvoyant les uns aux autres), de sorte que le Livre lui-même est « étoilé » ( munajjaman )… Certaines sentences reviennent donc, soit dans une même sourate, soit tout au long du Livre comme d’insistants leitmotive » (Salah Stétié : Mahomet, p.239, citant J.Berque).

 

 Signalons que les exégètes musulmans de l’époque classique ont interprété sans difficulté les versets d’ordre général, mais se sont parfois trompés pour les versets se rapportant par exemple aux sciences de la vie. Concernant l’interprétation des versets d’ordre astronomique, ce fut aussi plus ou moins un échec. La raison en est probablement que leur savoir dans ce domaine était souvent insuffisant, mais aussi que leur intérêt n’était pas principalement centré sur ces questions. Il est évident que de siècle en siècle,  l’interprétation du Coran progresse et se renouvelle.

 Un problème analogue se pose concernant la traduction du Livre saint en langues étrangères, indispensable pour que les lecteurs non arabisants puissent se faire une idée de son contenu. Chaque traducteur se réfère en effet plus ou moins consciemment à une interprétation, et traduit les versets faisant allusion à des notions scientifiques en fonction de sa propre compréhension, alors qu’il serait souvent plus sûr pour lui de se limiter à une traduction littérale, afin de ne pas trop s’éloigner du sens initial de ces versets. Pour éviter les contresens et les erreurs d’interprétation, une bonne traduction nécessite évidemment une connaissance suffisante du domaine abordé par chaque verset.

 

 1 -3) Importance du domaine astronomique pour le Coran :

 Comme nous l’avons déjà remarqué, la majorité des versets coraniques pouvant être confrontés à la science moderne touchent au domaine astronomique. La raison de la mise en avant de ce sujet est fournie par le Coran lui-même : le verset cité ci-dessous proclame que la création de l’univers constitue un fait plus grandiose que la création de l’être humain.

 

 - Sourate 40, verset 57

 "La création des cieux et de la Terre est plus grandiose, certes, que la création de l’homme."

 

 De nombreux autres versets invitent clairement les humains, dans leur recherche des signes de la Puissance divine, à faire porter leur attention sur ce qui existe dans les cieux en premier lieu, et sur ce qui est sur la Terre en second lieu. D’ailleurs, c’est ce type d’incitations, fréquentes dans le Coran, qui explique le développement des sciences astronomiques dans la civilisation musulmane. Citons par exemple :

  

 - Sourate 10, verset 101

 "Dis  : ’Regardez ce qui est dans les cieux et sur la terre ... ’ "

 

 Sourate 67, verset 3-4 

 « (Béni soit) Celui qui a créé sept cieux superposés, sans que tu voies de faille dans la création du Miséricordieux. Ramène (sur elle) le regard. Y voies-tu quelque brèche ? Puis ramène (vers elle) le regard par deux fois : le regard te reviendra harassé et déçu. »

 

 Les versets coraniques touchant au domaine astronomique ne peuvent qu’éveiller l’intérêt des personnes informées des conceptions récentes dans ce domaine. Nous allons maintenant les examiner, en les classant en trois catégories : ceux qui décrivent le système solaire, ceux qui évoquent la fin du système solaire, ainsi que les phénomènes qui se produiront alors à la surface de la Terre, enfin ceux qui comportent des enseignements sur l’évolution de l’univers d’une façon générale.

 

 2) Les versets décrivant le système solaire

 Le Coran désigne le système solaire par "le ciel le plus proche" :

 

 - Sourate 37,  verset 6

 " En vérité nous avons paré le ciel le plus proche d’un ornement : les planètes."

 

 On sait aujourd’hui qu’il n’y a pas, parmi les éléments célestes les plus proches de nous, d’éléments importants  et permanents autres que les planètes et leurs satellites naturels.

 2-1) Forme sphérique de la Terre

 

 On peut citer quelques versets précisant que la Terre

 * est une sphère  :

 

 - Sourate 39, verset 5

 "...Il enroule la nuit sur le jour et il enroule le jour sur la nuit."

 

 * mais non parfaite (aplatissement des pôles) :

 

 - Sourate 13, verset 41

 "Ne voient-ils pas que Nous venons à la Terre la réduire par ses bords ?"

  

 On retrouve la même idée que la Terre a une forme sphérique et qu’elle est en rotation (suggestion du mouvement) dans le verset suivant :

 

 - Sourate 79, verset 30

 "Et quant à la Terre, en plus de cela, Il l’a étendue (dahaha : du verbe daha : aplanir, enrouler)."

 

 N’ayant  pas  compris le sens du verset (car ils n’imaginaient pas que la Terre ait une forme sphérique), les anciens exégètes  avaient auparavant interprété le verbe arabe (dahaha) par « l’a aplanie ». Cette même explication a été  introduite dans les dictionnaires arabes. Mais dans ces mêmes dictionnaires, on trouve aussi l’origine de ce verbe dans le mot (Ud-hiya) qui signifie oeuf d’autruche. Ainsi la Terre serait comparable à un oeuf d’autruche. Le même verbe est également utilisé pour définir l’action de la pluie sur les cailloux que le courant d’eau fait rouler.

 

 2- 2) Rotation de la Terre sur elle-même :

 

 Une conséquence logique de la forme sphérique du globe terrestre et de sa rotation est que la nuit ne l’emporte pas sur le jour. Mentionnons à ce sujet le verset suivant :

 

 - Sourate 36, verset 40

 "... Il ne conviendrait pas que le Soleil rejoigne la Lune, ni que la nuit devance le jour..."

  

 On  comprend  ici, à partir de l’expression "ni que la nuit devance le jour", qu’il y a pour le Coran coexistence du jour et de la nuit. En effet, le Soleil éclaire la demi-sphère terrestre placée en face de lui alors que l’autre demi-sphère terrestre se trouve dans l’obscurité. Ce seul verset ne décrit pas explicitement le mouvement rotatif de la Terre, mais le verset 54 de la Sourate 7 suggère cette rotation :

 - Sourate 7, verset 54

 "(Dieu) couvre le jour de la nuit qui le poursuit en hâte..."

 

 Le mouvement de rotation de la Terre peut être aussi compris à partir du verset 29 de la Sourate 31, qui décrit la succession des jours et des nuits comme continuelle.

 

 - Sourate 31, verset 29

 "N’as-tu pas vu que Dieu fait pénétrer la nuit dans le jour et qu’il fait pénétrer le jour dans la nuit ?".

 

 La concomitance et l’apparition graduelle du jour et de la nuit sont évoquées dans le verset suivant :

 - Sourate 36, verset 37

 "Autre signe pour eux : la nuit, dont Nous dépouillons le jour ..."

 

 Ici le Coran établit une similitude entre l’apparition graduelle du jour et de la nuit et un processus d’enlèvement de la peau d’un fruit, la nuit représentant la peau qui couvre le jour représentant la chair.

 

 A partir du verset 40 de la Sourate 70, on comprend bien qu’il n’existe pas un seul endroit du "lever" ou "coucher" du Soleil, fait qui était ignoré des contemporains du Prophète.

 - Sourate 70, verset 40

 "... Seigneur des Orients (des Levants) et des Occidents (Couchants)"

 

 2-3) Réflexion de la lumière par les planètes

 Le verset  ci-dessous  différencie la nature du Soleil (en le qualifiant de  flambeau  : c’est-à-dire une lampe très ardente) et celle de la Lune (en la qualifiant de clarté).

 - Sourate 25, verset 61

 "Béni soit celui qui plaça dans le ciel des constellations et y mit un flambeau et une Lune qui éclaire."

 

 Il y a ici une claire distinction entre Soleil, étoile, source de lumière, et la Lune, corps céleste froid qui joue le rôle de réflecteur de lumière (notons que cette distinction étoile/planètes-satellites, est encore souvent de nos jours ignorée du public). La notion de réflexion de lumière par les planètes se précise davantage dans le verset suivant :

 

 - Sourate 24, verset 35

 "Dieu est la clarté des cieux et de la Terre. Sa clarté est semblable à une niche dans laquelle serait une lampe. La lampe est dans un récipient de verre et le récipient de verre est semblable à une planète qui a l’éclat d’une perle."

  

 2-4) Mention des cycles lunaires

 Dans le verset cité ci-dessous, les idées précédentes se confirment. Il fait en outre allusion aux cycles lunaires, qui déterminaient le calendrier des populations arabes à cette époque.

 

 - Sourate 10, verset 5

 "(Dieu) est celui qui fit du Soleil une lumière et de la Lune une clarté, et pour celle-ci détermina des phases afin que vous connaissiez le nombre des années et le calcul (du temps). Dieu n’a créé cela qu’en (toute) vérité. Il expose en détail les signes pour qui sait."

 

 2- 5) Mouvements des astres :

 Dans le verset suivant, le Coran précise que le Soleil et la Lune n’entrent pas en collision parce que chacun (de ceux-ci : Soleil, Lune) se déplace sur une trajectoire différente "avec un mouvement propre".

  

 - Sourate 36, verset 40

 "... Il ne conviendrait pas que le Soleil rejoigne la Lune... Chacun (de ceux-ci : Soleil, Lune) se déplace sur une orbite avec un mouvement propre."

 Dans le verset qui suit, il y a une allusion au fait que les trajectoires de ces deux corps célestes sont régies par des lois (ce sont pour nous les lois physiques de la gravitation et de la cinématique).

 

 - Sourate 55, verset 5

 "Le soleil et la lune (sont soumis) à des calculs."

 

 Indiquons que les calculs des humains ne constituent qu’une représentation des lois physiques fondamentales, sous-jacentes, qu’ils ne font qu’approcher.

 Un point qui peut attirer l’attention est que les deux versets précédents ont mis l’accent sur l’harmonie, uniquement dans les mouvements du Soleil et de la Lune (et non pas ceux des autres planètes du système solaire). Ce sont évidemment les astres les plus visibles, mais c’est peut-être aussi parce que ces deux astres subiront finalement une transformation astrophysique grandiose.

Une nouvelle vision de l’évolution de l’Univers (2/3)

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samedi 2 juin 2007

L’actualité électorale, par Mabi
par Mabi e-mail à l'auteur

Quelques dessins d’actualité d’un jeune dessinateur de presse amateur, Sébastien Delaunoy, dit Mabi.

France :


©Mabi - 77.2 ko
Suite à la défaite de la candidate socialiste aux présidentielles, les tensions sont nombreuses au sein du PS français même si une unité de façade est maintenue afin d’éviter la débâcle aux législatives de juin.


©Mabi - 37.3 ko
Ségolène Royal a sorti son affiche de campagne il y a quelque temps déjà avec son slogan : "Pour que ça change fort !"


©Mabi - 49.5 ko
C’est finalement le candidat de la droite française, Nicolas Sarkozy, qui a été élu dimanche 6 mai avec plus de 53 % des voix... C’est la troisième défaite de suite de la gauche aux présidentielles...


©Mabi - 40.1 ko
Ensemble, tout devient possible... Vraiment tout ?


©Mabi - 40.5 ko
Nicolas Sarkozy a expliqué le 16 avril dernier sur TF1 que le général de Gaulle et Jean Paul II étaient les deux personnages qui l’inspiraient le plus.


©Mabi - 56.1 ko
Les Talibans qui détiennent toujours un otage français et ses 3 accompagnateurs afghans ont accepté de repousser leur ultimatum jusqu’à la mise en place du nouveau gouvernement français.. En France, la participation aux deux tours de l’élection présidentielle a été extrêmement importante avec seulement 15% d’abstention....


©Mabi - 54.6 ko
Prostitution forcée...


Etranger :

©Mabi - 121.3 ko
Le 11 avril 2007, un double attentat revendiqué par Al-Qaida fait plus de 30 morts en Algérie...


©Mabi - 50.8 ko
L’affaire des caricatures...


©Mabi - 35.2 ko
L’affaire des caricatures... (suite)
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dimanche 4 mars 2007

Un étrange animal marin
par alexandraD e-mail à l'auteur

Le 28 février 2007, à 10h15, a été découvert sur une plage de Loire-Atlantique, à proximité de la plage des Sablons (à Sainte-Marie plus précisément) un animal de près de 1 mètre de longueur.
En état de décomposition, la créature au corps oblong, ne présentant pas de nageoires, ni dorsale ni caudale, montrait un bec scindé en deux sur une longueur de 15cm.
Cette étrange découverte a été signalée aux pompiers à 10h20, accompagnée de photos envoyées par téléphone portable. Au vu des images, ils en ont référé aux services techniques locaux. Un agent s’est rendu sur les lieux pour expertise. Ce dernier leur annonce qu’il y a 85% de chances qu’il s’agisse d’un dauphin !
Mais le dauphin ne présente pas de telles caractéristiques physiques, notamment en ce qui concerne le rostre et les nageoires ! Et personne, ni les gens du cru, ni les pêcheurs, ne semblent connaître cet animal. Et les pompiers s’interrogent encore sur la créature venue s’échouer sur cette plage aux charmes pittoresques de la côte de Jade.

Ilest bien des animaux que l’on croyait disparus à jamais qui ont été ainsi retrouvés par hasard ! Ainsi y a-t-il eu récemment l’exemple du requin lutin, du requin reptile et un un calmar colossal à proximité de la Nouvelle-Zélande.
Peut-il s’agir d’un animal non répertorié ? A cette heure, le doute subsiste !

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dimanche 4 mars 2007

Jubilatoire ? Vous avez dit jubilatoire ?
par Junon e-mail à l'auteur

Pour faire un bon gâteau, il faut des ingrédients : farine, sucre, oeufs, levure etc... Pour faire un bon discours, une bonne critique, ou être un bon présentateur d’émission télé, il existe aujourd’hui des mots-ingrédients.
Lexique...

Après différentes études sur la question, nous sommes aujourd’hui en mesure de dire qu’un film réussi est, à 90% des chances, "jubilatoire".
Le véritable artiste se reconnaît quant à lui à son "univers déjanté". Les enfants ne sont pas des enfants, mais des "bouts de chou" ou des "têtes blondes" voire "nos chères têtes blondes".
Pour marquer votre plus vive admiration, à l’égard de tel ou tel, préférez dire "il est juste exceptionnel" à "il est exceptionnel". Le "juste" est devenu en quelque mois un incontournable mot-ingrédient sans lequel tout discours tombe à plat.
Les endroits que vous fréquentez doivent être "trendy" ou "tendance".
Pour parler politique, mieux vaut éviter de se lancer avant d’avoir assimilé deux mots-ingrédients fondamentaux, à savoir "populisme" et "démagogie".

Pour conclure, voilà un exemple de discours-type qui vous aidera à vous orienter dans la vie :

A l’heure où le populisme et la démagogie font rage en politique, des films jubilatoires tels que "la Môme" ou "Molière" sont comme une bouffée d’air pur pour nos chères têtes blondes. Marion Cotillard est juste exceptionnelle dans le film dédié à la môme Piaf, artiste à l’univers si déjanté. Le temps peut bien passer, la Môme reste trendy pour avoir su capter la tendance. Avis aux bouts de chou.

Bonne chance pour vos futurs discours.

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samedi 11 mars 2006

Mot à Mot


Toutes les Suédoises s’appellent Ingrid
par Thierry de Fages e-mail à l'auteur

Cet ouvrage, réédité dans la collection Arléa Poche, suscite d’emblée la curiosité. Sous-titré « les étrangers et leurs mots dans la langue française », il offre un large éventail de mots français d’origine étrangère. L’auteur, Patrice Louis [1] ne se contente pas d’une simple énumération de mots et de leur acception. Certains mots (gadget, bakchich) et expressions (parapluie bulgare, couteau suisse) font même l’objet de commentaires détaillés. En outre, des rubriques judicieuses comme « CLICHES », « SURNOMS »... éclairent sur le contexte social et historique de chaque pays répertorié. A la fois distrayant et instructif, ce livre de la même veine que Du bruit dans Landerneau (voir l’article Histoire de mots, paru le 2 mai 2005, Piges2Presse) est particulièrement rafraîchissant !

Toutes les Suédoises s’appellent Ingrid. « Les étrangers et leurs mots dans la langue française », de Patrice Louis, éditions Arléa, 2006, 310 pages, 12 euros.

L’interview

TDF : Après Du bruit dans Landerneau et C’est beau mais c’est faux, vous poursuivez - il me semble - avec Toutes les Suédoises s’appellent Ingrid une quête à la fois érudite et ludique de l’origine des mots. Recenser tous ces mots et expressions dérivées d’origine étrangère et les commenter, n’est-ce pas un voyage parfois harassant ?

Patrice Louis : Oh que non ! Les mots sont des compagnons passionnants. Ils ouvrent tous les horizons, c’est vraiment le cas de le dire. L’apport d’autrui dans la construction de notre culture est réjouissant.
L’originalité du livre me paraît se trouver dans le classement des emprunts. Il montre nos envies, nos besoins et nos manques. Il est ainsi réconfortant que les dictateurs de tous poils s’abritent sous des noms venus d’ailleurs : tsar (russe), führer (allemand), caudillo (espagnol), gourou (sanskrit), etc.
Plus généralement, l’ouvrage se revendique volontiers comme un antidépresseur ! L’ouverture au monde comme médicament contre les communautarismes, les frileux replis, les exclusions. Pour autant, la langue, jamais ingénue, se montre ainsi reflet de nos contradictions, de nos ambiguïtés.

En lisant votre ouvrage, on est frappés par la prédominance de certaines langues, comme le grec et l’anglais dans le vocabulaire quotidien. L’Histoire et l’Économie seraient-elles les seules pistes pour appréhender ce phénomène ?

Ma grande surprise a été de découvrir une cohérence entre l’emprunt aux mots d’une langue et l’idée que l’on se fait de ceux qui parlent cette langue. Je m’explique : les emprunts obéissent à une nécessité. Tous les secteurs de nos activités sont concernés.
Un seul exemple : les langues tsiganes. Nous leur avons pris une poignée de mots - pratiquement tous d’argot au demeurant. Ils sont tous liés à des comportements malhonnêtes ("mettre les adjas" (s’enfuir) ; "aboule" le fric (donne vite l’argent) ; "surin" (le couteau que l’on plante dans le ventre de sa victime), etc. Cela tombe bien : dans notre imaginaire, les tsiganes sont des romanichels, des voleurs de poule. CQFD. L’exemple n’est pas nécessairement à notre honneur, mais c’est ainsi. Du coup, Toutes les Suédoises s’appellent Ingrid est bien plus un livre sur les étrangers que des listes de mots venus d’ailleurs.

Les mots français d’origine étrangère relatifs à la mode et à la gastronomie semblent nombreux dans Toutes les Suédoises s’appellent Ingrid. Dans quels autres domaines constatez-vous une profusion de mots ?

D’abord, cela prouve que nous sommes férus d’élégance et de gourmandise. Le français est beau et bon quand il s’ouvre grand. Je vous invite à vérifier dans les emprunts que je cite à quelle sauce sont accommodées les langues. L’italien est à son avantage (cultivé et séduisant). Les langues africaines le sont bien moins. Et le miroir qu’elles nous tendent révèle que le colonialisme se décline en positif comme en négatif. C’est l’immense défenseur du français Léopold Sédar Senghor qui, d’un trait fulgurant, avait asséné que « la raison est hellène comme l’émotion nègre »... Le métissage, commentait-il, permet le « rendez-vous du donner et du recevoir ».
L’un ne va pas sans l’autre et j’esquisse dans les dernières pages les emprunts que les étrangers font au français.

Dans cette mer de mots et d’expressions dérivées, pouvez-vous nous citer quelques-uns de vos préférés ?

Les plus joyeux ! Je trouve admirable que la fête soit exprimée par une profusion de mots étrangers : « fiesta » et « bamboche » (venus d’Europe), « java » (arrivé d’Asie), « bamboula » (débarqué d’Afrique), etc. Leur sonorité n’est d’ailleurs sûrement pas fortuite. Rien qu’en les prononçant, on s’amuse !
Ajoutez-y l’hébreu « sabbat » et « ramdam » dérivé de l’arabe « ramadan » et nous aurons ensemble une vision enjouée et apaisée de notre petite planète.


[1] Journaliste et écrivain. Auteur de Les deux font la paire (1997), C’est beau mais c’est faux (2000), Aimé Césaire, rencontre avec un Nègre fondamental (2004), aux éditions Arléa ; de L’Enfer à Saint-Pierre (2002), 1902 au jour le jour (2002), A,B, Césaire (2003), aux éditions Ibis rouge ; de Dico.com, Les mots de l’Internet de la Nouvelle économie (2000), aux éditions Désormeaux.

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mardi 25 octobre 2005

Musique


Jérôme Attal au Réservoir
par ADB e-mail à l'auteur

Jérôme Attal a de la présence. Celle d’un dandy nerveux, bondissant et quelque peu condescendant. Il fait aussi grincer des dents, bavarde, se moque, dérisionne et récite des chansons acides et désabusées, que la batterie et less deux guitares retranchent derrière un rock puissant et mélodique.

L’époque électro-mélodique sur ordinateur semble révolue. Sans doute par crainte de ressembler trop à Vincent Delerm dont on retrouve - plus que de Gainsbourg - les intonations endormies.

Fini aussi les antisèches brandies à bout de bras, manches de veste retroussées par une chemise blanche à poignet long. Reste la gouaille, ces bonds désordonnés de boxeur à l’entraînementnt et ces interminables feintes improvisations de timide extraverti, où l’auto-dérision se mêle à la moquerie potache.

Reste aussi, surtout, le charme vénéneux d’un auteur. Un vrai..

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vendredi 16 septembre 2005

Dessins d’actualité
par Mabi e-mail à l'auteur

Quelques dessins d’actualité d’un jeune dessinateur de presse amateur, Sébastien Delaunoy, dit Mabi.

Étranger :


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Nombreux crashs aériens dans le monde en août 2005


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Les attentats de Londres, d’après Magritte, ’Les rêveries du Promeneur solitaire’ 1926


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attentats de Londres, 7 et 21 juillet 2005.
D’après ’Le fils de l’Homme’, peint en 1964 par Magritte.


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L’IRA annonce la fin de sa lutte armée, le 28 juillet 2005


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Élection présidentielle en Iran et victoire de l’ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, le 24 juin 2005


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Pour la paix, inspiré de Magritte


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Journée internationale de la paix, 21 septembre 2005.
D’après ’La clairvoyance’, réalisée par Magritte en 1936.


France :

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Annonce de la création d’une nouvelle police de l’immigration, le jeudi 11 août, dans le cadre du plan d’action contre "l’immigration irrégulière", présenté par Dominique de Villepin


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Sarko contre Chirac.
Inspiré de la bande dessinée Lucky Luke, de Morris


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Sarkozy se déclare pour une politique musclée, le 22 juin 2005


Économie :

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Les conséquences du cyclone Katrina sur le prix du pétrole
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vendredi 10 juin 2005

"Les lieux cultes du cinéma en France"
par Thierry de Fages e-mail à l'auteur

A l’occasion de la parution du Guide des lieux cultes du cinéma en France [1], interview de l’auteur Marc Lemonier [2]

L’interview

Thierry de Fages : Votre ouvrage recense un nombre important de lieux extérieurs de tournage : villages, châteaux, plages... Ces lieux passés à la postérité, ont-ils réellement une incidence sur la fréquentation touristique des régions concernées ?
Marc Lemonier : C’est peu dire que les conseils municipaux et les offices du tourisme essaient de faire naître cet engouement...
Aujourd’hui, la tendance est de mettre en avant les tournages et de faire de cela un argument de promotion, alors que jusqu’alors on ne les citait qu’incidemment. C’est l’effet « Le Bonheur est dans le pré », qui me semble avoir donné un coup d’accélérateur au processus. Aujourd’hui, l’on voit apparaître des monuments ou des plaques commémoratives sur les lieux des tournages : un mur peint célébrant La Grande Vadrouille à Beaune, une statue de Mon Oncle et une plaque à Saint-Maur, la statue de Tati à Saint-Marc, une statue de Raimu à Toulon. Par ailleurs, les références aux films apparaissent dans la littérature touristique, et des circuits sont organisés dans l’univers de Pagnol ou sur les traces du Pacte des loups.

La rue Lepic - à Paris - a acquis un statut d’« icône » grâce au film Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain. Avez-vous constaté un similaire engouement pour un quartier à la suite d’autres tournages en France ?
Il y a des exemples de toute nature. Le village de l’école d’Etre et Avoir ou la vallée de Vassieux en Vercors, décor d’Une hirondelle a fait le printemps, font l’objet d’une curiosité dont ils se passeraient peut-être... En règle générale, la curiosité est proportionnelle au succès du film. Pour l’instant, à ma connaissance, le château de Ravel où fut tourné Les Choristes n’organise pas encore de pèlerinages.

Dans votre postface, vous signalez le décor de Brasilia à propos d’un film, L’Homme de Rio, dans lequel l’acteur - Belmondo - évolue au sommet des immeubles en construction. Paradoxalement, ce film d’aventures, excellent d’ailleurs, permet d’entrevoir l’oeuvre d’un grand architecte, Niemeyer.
Avez-vous constaté en France d’autres œuvres cinématographiques en décor réel ayant établi des liens aussi étroits avec des réalisations urbanistiques ?

L’exemple parfait de cela se retrouve dans l’œuvre d’Eric Rohmer, qui reste encore aujourd’hui le seul à avoir intégré les villes nouvelles, leur ambiance et leur décor dans ses films. Les villes sont d’ailleurs le sujet même de la fiction, ainsi le mode de vie de Cergy ; une ville jeune peuplée par des jeunes est au cœur de L’Amie de mon amie, tandis que l’éloignement et le caractère impersonnel de Marne-la-Vallée dicte la conduite des personnages des Nuits de la pleine lune.


[1] Editions Horay, collection « Guides Horay, un tourisme différent », 2005. Prix : 23 euros. 428 pages - Illustré - 13x24. ISBN 2-7058-0421-8

[2] Ecrivain et journaliste spécialisé en urbanisme.
Auteur d’une dizaine d’ouvrages, des guides la plupart du temps, consacrés à Paris - Paris Rétro, Paris les pieds dans l’eau, Paris aux mille visages - et à la découverte de lieux associés à l’histoire de la littérature et du cinéma - Les Plus belles promenades littéraires en France, Histoire du Paris Libertin ou Panique à Paname, consacré aux décors de polar à Paris.

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samedi 7 mai 2005

2005 : année Jules Verne
par Thierry de Fages e-mail à l'auteur

Décidément, l’actualité Jules Verne bat son plein. Toute une série de nouvelles manifestations ont lieu ce printemps, notamment à Nantes, sa ville natale.
Ainsi, dès la mi-mai, se déroulera dans le centre-ville une parade surprise, interprétée par la troupe de spectacle Royal de Luxe. Un court-métrage sur le thème « Un voyage dans le temps à dos d’éléphant » a été réalisé par l’artiste Pierrick Sorin. Libre complément au grand spectacle, le film sera projeté parallèlement à la parade.
En juin - toujours à Nantes - botanistes ou simples curieux pourront suivre le « Tour de Nantes en 80 plantes ». Dans les espaces verts de la ville, les plantes, citées par Verne dans ses ouvrages, seront signalées par des cartels comportant leur identification et l’extrait du roman où elles sont citées. En outre, un document récapitulatif permettra de faire un circuit à travers la ville sur les traces de ces 80 plantes. Des visites botaniques et des animations sont prévues sur ce thème.

Manifestations prévues à Nantes :

-  La visite du sultan des Indes sur son éléphant à voyager dans le temps. Du jeudi 19 au dimanche 22 mai.
-  Le Tour de Nantes en 80 plantes, le végétal dans les romans de Jules Verne dans les parcs et jardins nantais. Du vendredi 3 au dimanche 5 juin.
-  Jules Verne, images, mythes et imaginaires. Exposition coproduite par Nantes et le Festival de la bande dessinée d’Angoulême. Septembre 2005.
-  L’imaginaire vernien, aux Utopiales 2005. Festival international de science-fiction de Nantes. Du vendredi 11 au dimanche 14 novembre.

A signaler : la réouverture du musée Jules Verne (3, rue de l’Hermitage, Nantes) en septembre 2005.

Ailleurs :

à Paris :
-  Hommage à Jules Verne : exposition à la Cité des Sciences et de l’Industrie. Jusqu’au 30 juin.
-  Jules Verne, le roman de la mer : exposition au musée de la Marine. Jusqu’au 31 août.

à Amiens :
-  Les rencontres Cascabel : hommage aux arts du cirque, au Pôle régional des arts du cirque. Du 8 au 10 juin.
la compagnie Royal de Luxe fête Jules Verne dans les rues et boulevards d’Amiens. Du 16 au 19 juin.
-  Les Enfants du capitaine Verne : photos, objets et nouvelles technologies Imaginaires Jules Verne, 36, rue de Noyon. Jusqu’au 29 octobre.

A signaler : actuellement en travaux, la Maison de Jules Verne (2, rue Charles-Dubois, Amiens) sera réouverte au public en décembre 2005.

à Caen :
-  Le monde fantastique de Jules Verne, exposition au Parc des Expositions de Caen, du 17 au 30 octobre.

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lundi 2 mai 2005

Histoire de mots
par Thierry de Fages e-mail à l'auteur

Du bruit dans Landerneau...

L’édition - mise à jour et augmentée - de ce Dictionnaire des noms propres du parler commun surprend agréablement. Son auteur, Patrice Louis [1], y recense des noms propres à l’aide de fiches claires. Il les met en relief en puisant abondamment dans des extraits de textes (histoire, littérature, mythologie...).
Ainsi les expressions, grandes avaleuses de mots, s’imposent et régentent notre vocabulaire !

Il y a celles qui semblent aussi vieilles... que MATHUSALEM : l’épée de DAMOCLES, des paroles d’EVANGILES, l’image d’EPINAL. D’autres cultivent un aspect ésotérique : au diable VAUVERT, remonter aux œufs de LEDA, le quart d’heure d’Andy WARHOL. Enfin, celles provenant de l’histoire récente ou de l’environnement médiatique se répandent rapidement, comme le nuage de TCHERNOBYL, la dictée de PIVOT ou le beauf de CABU.

Bref, ce dictionnaire, parsemé d’informations drôles, intéressera aussi bien lexicographes et correcteurs que cruciverbistes et amoureux de la langue française.

Du bruit dans Landerneau. Dictionnaire des noms propres du parler commun, de Patrice Louis, éditions Arléa, 2005, 580 pages, 20 euros.


L’interview

TDF : D’où vous est venue l’idée d’un dictionnaire des noms propres du parler commun ?
Patrice Louis : Dès mes débuts dans le journalisme - à Europe 1 - les clichés m’ont passionné. Très tôt, je les ai récoltés, me réjouissant d’entendre ou de lire que la Maison Blanche repoussait d’un haussement d’épaules les appels du pied du Kremlin ! Patiemment, j’ai listé les formules qui comprenaient un nom propre. A force de les collecter, je les ai classées puis explicitées.
En effet, j’étais frappé par la rareté des ouvrages portant sur l’origine des expressions, leur « première occurrence » pour parler savamment comme mon éditeur. J’ai trouvé plaisant d’établir la fiche d’état-civil de chaque personnage, empruntant le sérieux qu’un fonctionnaire de mairie mettrait à l’exercice. Il ne restait plus qu’à trouver l’apparition de l’expression. Cela me prit une dizaine d’années !
Certains trouvent leur passe-temps au bistro ; j’ai choisi plutôt de m’abreuver dans les bibliothèques. En élaborant le livre, j’ai découvert que j’avais une passion cohérente avec mon métier de journaliste « gamin professionnel », celle d’apprendre au public des choses qu’il croit savoir...

Apparemment, les expressions les plus nombreuses recensées dans votre livre - C’est la BEREZINA, Une victoire à la PYRRHUS, C’est CORNELIEN, etc. - proviennent de l’histoire, de la mythologie et de la littérature. Pourquoi ?
Je n’ai pas choisi les expressions. Elles m’ont choisi. Plus sérieusement, c’est le langage commun qui me les a offertes. J’avais d’ailleurs, dans un premier temps, souhaité les présenter par origine : un tiers de mythologie, un tiers de « Saintes Écritures », un tiers d’histoire et de littérature - et un bon tiers issu de la société. Un jour, un ami lexicographe m’a enseigné que rien ne valait un début à la lettre « A » et une fin à la lettre « Z ». J’ai suivi son conseil.
D’autre part, ce ne sont pas les auteurs les plus prestigieux, les personnages les plus flamboyants ni les héros historiques dans leur grandeur qui s’imposent. Ainsi, le souvenir de Napoléon ne demeure-t-il qu’à travers les expressions évoquant ses défaites !

Ce dictionnaire recense de nombreux personnages de bande dessinée comme BECASSINE, PICSOU, ASTERIX, etc. En revanche, les personnages de séries télévisuelles, mis à part ZORRO, sont plutôt rares. Cette tendance, à votre avis, s’inversera-t-elle à l’avenir ?
Eh bien, je l’ignore : tout va si vite. Et le zapping s’en mêle. Navarro remplacera-t-il Maigret ? Dorothée prendra-t-elle le pas sur Bécassine ? Coluche chassera-t-il Astérix ?
En fait, pour s’imposer, un cliché doit se buriner au contact des années. Sans doute l’impact télévisuel est-il trop fugace pour imposer, dans le langage, plus de stéréotypes.


[1] Journaliste et écrivain. Auteur de Les deux font la paire (1997), C’est beau mais c’est faux (2000), Aimé Césaire, rencontre avec un Nègre fondamental (2004), aux éditions Arléa. Auteur de Dico.com, Les mots de l’Internet de la Nouvelle économie (2000), aux éditions Désormeaux.

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jeudi 28 avril 2005

Caravan en Europe
par Thierry de Fages e-mail à l'auteur

La tournée européenne de Caravan, qui débute le 5 mai à Marseille [voir dates], enchantera les amateurs de rock progressif.
C’est l’occasion de voir un des groupes phares de l’« école de Canterbury », courant anglais de la fin des années 60, marqué par le psychédélisme. La formation actuelle comprend Doug Boyle (guitare) Richard Coughlan (batterie), Pye Hastings (guitare-chant), Jim Leverton (basse-chant), Geoffrey Richardson (viole-flûte-mandoline) et Jan Schelhaas (claviers).

Formé en 1968, Caravan, avec sa vingtaine d’albums, nous étonne. Sa musique chamarrée, aux accents lyriques, charme immédiatement. Elle offre en tout cas une des plus belles parures à un rock progressif parfois en perte d’inspiration. Ses musiciens talentueux ont su mêlé habilement divers genres musicals : rock, folk, jazz, classique.
Ainsi, ce brillant groupe, depuis une trentaine d’années, se distingue par son éclectisme musical : orchestration symphonique (Live with the New Symphonic Orchestra, 1974), jazz- rock (Waterloo Lily, 1972), pop rock, teinté de folk et de jazz (In the Land of Grey and Pink, 1971). Ce dernier album, le plus célèbre, caractérise bien le « style Caravan » : d’un côté de courtes chansons pop folk accrocheuses et délicatement ciselées ; de l’autre, des morceaux plus élaborés empruntant au jazz et au classique. Ainsi, le fort réussi Nine Feet Underground (morceau de près de 20 minutes) intrigue-t-il avec ses envolées à l’orgue Hammond et la frappe rythmique de son saxophone.

Le rock de Caravan, finalement très mélodique, s’enrichit d’une profusion instrumentale : flûte, mandoline, viole, violon, saxophone, piano électrique, orgue Hammond, etc.
Bref, tous ces mélanges, pouvant être perçus superficiellement comme un choix expérimental, frappent en fait par leur puissante cohésion. En cela, Caravan a une approche musicale assez similaire à celle de groupes comme Traffic ou Steely Dan.

Discographie sélective :

In the Land of Grey and Pink (1971)
For Girls who Grow Plump in the Night (1973)
The Battle of Hastings (1995)

Les dates des concerts de Caravan pour 2005 :

France : festival Prog Sud [Les Pennes-Mirabeau, près de Marseille] (5 mai)
Grande-Bretagne : Oxford (7 mai), Milton Keynes (8 mai), Sheffield (12 mai), Leicester (13 mai), Norwich (14 mai), Frome (21 mai), Exeter (22 mai), Brighton (10 juin), festival de l’île de Wight, Newport (11 ou 12 juin).

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lundi 4 avril 2005

Van der Graaf Generator (VDGG), le retour
par Thierry de Fages e-mail à l'auteur

C’est la surprise de ce printemps 2005 : le groupe britannique Van der Graaf Generator, près de trente ans après leur dernier album (Vital, 1978), sort un nouvel opus. Intitulé « Present », il paraîtra le 25 avril. Il s’agit d’un double CD, distribué par EMI Virgin [1]. Une tournée européenne est prévue. Elle débutera le 6 mai à Londres au Royal Festival Hall [voir dates de concerts].
Cette réunion des membres originels comprendra Hugh Banton (orgue-piano), Guy Evans (batterie), David Jackson (saxophone-flûte) et Peter Hammill (chant-piano).

Formé en 1967, séparé en 1977, VDGG est un groupe phare des seventies. Bien qu’évoluant dans la mouvance « progressive » de l’époque, sa musique - éclectique en diable - échappe aux définitions. Elle se promène entre free jazz, récitatif d’opéra et rock symphonique... Au service de la voix ample de son chanteur, Peter Hammill [2], poète habité et homme de mots, elle se distingue par la proéminence de l’orgue et du saxophone.
Le jeu, à la fois subtil et survolté du saxophoniste David Jackson évoque celui d’Andy Mackay, en plus énergique ; les volutes d’orgue d’Hugh Banton rappellent celles de Ray Manzarek, en plus lyrique.
D’apparence chaotique, cette formation à l’image futuriste, réunissant trois musiciens exceptionnels et un chanteur-pianiste mythique, offre en fait une rare cohérence, d’une redoutable efficacité.

Les dates de concerts :
Concerts VDGG pour 2005 :
-  Grande-Bretagne :
Londres (6 mai), Leicester (9 juillet), Liverpool (10 juillet) ;
-  Italie :
Milan (11 juin), Rome (12 juin) ; Sicily Womad Festival (14 ou 15 juillet).
-  France :
Paris Bataclan (12 juillet).

L’interview

Interview de Phil Smart [3], coauteur avec Jim Christopulos [4] d’un livre consacré à VDGG.
L’ouvrage - autoédité - écrit avec la coopération des membres du groupe sortira en Grande-Bretagne. Date prévisionnelle de parution : septembre 2005.

TDF : Quand avez-vous écouté VDGG pour la première fois ?
Phil Smart : En 1972, juste après leur [deuxième] séparation ! Pas vraiment la meilleure époque pour le groupe ! ; par contre, j’ai suivi la carrière solo de Peter Hammill, et je l’ai vu plusieurs fois en concert en 1973 et en 1974.
J’étais donc très enthousiaste lors de la reformation de VDGG en 1975.

Quelle est la particularité musicale de VDGG ? Rock ? Progressif ? Jazz ?
Phil Smart : Il est difficile de répondre à cette question. Celle-ci fait l’objet d’âpres discussions parmi les fans et dans la presse.
Néanmoins, ils sont généralement rangés dans la catégorie « prog rock » [rock progressif] mais à mon avis ils échappent à toute étiquette ; je n’aime pas le terme « progressive ».
Autrefois, au début des seventies, nous appelions leur musique « underground », car leur création n’était pas commerciale comme la majeure production de la pop music de l’époque.
Vraiment, VDGG était différent des autres groupes.

Beaucoup de gens connaissent les noms de Pink Floyd, Yes ou King Crimson. Mais VDGG est plutôt inconnu... Pourquoi ?
Phil Smart : Leur musique est très difficile d’accès ; de même, leurs textes... On aime ou on déteste. D’ailleurs, la plupart des gens les détestent.

La reformation de VDGG est-elle durable ?
Phil Smart : Le groupe a juste « une réunion ». Ce n’est pas une réformation dans le sens où ils se remettent ensemble pour en faire leur métier. Ils ont tous d’autres intérêts, et ils feront de la scène si l’ambiance leur convient.
On ne peut pas prévoir leur comportement ! Néanmoins, ils continueront probablement à faire - occasionnellement - des concerts et des disques si ça leur plaît.


[1] La compagnie de disques va progressivement remasteriser la plupart des albums de VDGG, les trois premiers devant sortir fin mai 2005.)

[2] Il a réalisé près de 40 albums en tant qu’auteur-compositeur.

[3] Phil Smart est anglais et vit à Northampton. Expert-consultant dans l’industrie pétrolière, il a créé un site Internet consacré à VDGG.

[4] Américain, Jim Christopulos vit à Chicago. Il est batteur dans un blues band appelé « Howard and the White Boys ».

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mercredi 23 mars 2005

Symphonie norvégienne
par Thierry de Fages e-mail à l'auteur

Cette Norvège se profilait, là où la crête des sommets enneigés reflète son dôme transparent sur la surface lisse des lacs glacials.
Les fjords succédaient aux fjords...
Le temps se noyait dans les vallées étroites aux cimes sévères, enfonçant leurs pierres granitiques dans les méandres de l’onde fugitive. Partout des sommets rocheux aux courbes découpées tranchaient la terre nordique entre eau et ciel. Parfois se dessinait au détour d’un chemin campagnard, nappé de fougères aériennes et de boutons d’or, quelque église scandinave endormie sous les cieux d’Odin et de Thor.
Sur des plateaux, nichés dans quelque vallée de trolls, les troupeaux de moutons erraient, vêtus de leurs maigres pelisses, sous le tourbillonnement continu des nuages lourds de l’austère montagne.
De Trondheim à Bergen, les mêmes bizarres symphonies ravivaient la terre. Les bouleaux verts s’évanouissaient dans de petits torrents à l’écume frémissante ; de blanches maisons, éparpillées dans un creuset de collines profondes, glissaient parmi les rivières et lacs enchantés, peuplés de trolls.
L’oiseau du Nord, qui survole les pics, scrutait l’horizon : des maisons de poupées aux clochetons rouge et or scintillant sous une légère pluie, un phare perdu dans la brume de l’océan, puis le port. Sur les quais d’embarquement, les foulards colorés d’un paquebot suédois tournoyaient autour du mât comme des lucioles affolées tétant pour la dernière fois le calice du grand large.
Derrière les montagnes ténébreuses jaillissait un arc-en-ciel, illuminant l’incertaine masse rocheuse d’une poussière argentée ; sa chaleur diaphane, éclairant les maisons de poupées, se muait en une mer de miel déversée sur les logis de pain d’épice aux fenêtres de sucre d’orge. Le grand navire s’avançait dans le lointain ; autour du mât, les brassards guerriers s’étaient mués en une pluie féerique de confettis ; et maintenant, les voiles blanches ressemblaient à deux énormes oiseaux regagnant, parmi les nuages épais, le royaume de Thésée.
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jeudi 3 mars 2005

Mail connexion, la conversation planétaire
par Thierry de Fages e-mail à l'auteur

Interview de Cécile Moulard, pionnière du réseau, spécialisée dans l’impact sociologique des nouvelles technologies, Cécile Moulard a créé et dirigé Carat Interactive puis amazon.fr avant de lancer sa société de conseil Sixième Continent. Membre de nombreux clubs français et étrangers, elle est chargée d’enseignement à HEC Telecom Paris. Elle vient de publier « Mail connexion, la conversation planétaire ».

Interview de Cécile Moulard [1] :

Thierry de Fages : L’envoi d’un e-mail est-il devenu aussi courant qu’un simple appel téléphonique ?

Cécile Moulard : Sans aucun doute dans le monde professionnel ! Envoyer un e-mail est même souvent plus simple que de décrocher son téléphone. L’ordinateur étant de plus en plus souvent au travail le prolongement naturel de l’Humain dans un bureau, il devient plus confortable de l’utiliser comme plate-forme d’administration de ses communications.
Le téléphone pour autant n’est pas oublié. Il prend souvent la forme du portable qui accompagne quand l’ordinateur n’est plus là. E-mail et téléphone répondent à deux besoins différents... Cela pourtant n’est vrai, aujourd’hui, que dans les bureaux... Dans la vie privée, l’e-mail est utilisé davantage par nécessité (éloignement, surtout hors frontière et hors fuseau horaire).

Vous évoquez dans votre livre l’existence de ces drôles de trolls. Ne condamnent-ils pas à terme l’existence-même de forums spontanés et réactifs ?

-  Les trolls ne peuvent rien contre l’énergie formidable qui se dégage des forums et des chats. Avec la maturité des utilisateurs et leur besoin d’autodiscipline, les perturbateurs ont et auront de moins en moins de possibilités de perturber le jeu de la conversation écrite.

Vous signalez également le fait que certaines entreprises vont jusqu’à rendre impossible la photocopie de leurs e-mails par imprimante. Y a t-il eu de réels cas d’espionnage industriel justifiant une telle précaution ?

-  Les e-mails non imprimables répondent à des besoins de confidentialité aujourd’hui très mal pris en compte par les gestionnaires d’e-mails. Prenons l’exemple de ces grands scandales révélés par des échanges d’e-mails qui n’auraient jamais dû passer par des voies « normales ». Je pense à Enron, à Boeing, etc.
Il est important de donner un statut à un échange : certains doivent se faire sous le sceau du secret. L’e-mail non imprimable et non transférable est un peu le téléphone rouge du cyberespace.

Est-ce que l’e-mail va subir de grandes transformations d’ici 10 ans ?

-  Certainement ! Les transformations viendront de son rapprochement avec la messagerie instantanée, les webcams, le téléphone et les stylos électroniques. Les gestionnaires d’e-mails vont aussi améliorer les fonctions existantes pour donner de plus en plus de possibilités d’adaptation et de personnalisation à leurs utilisateurs : meilleure protection contre les intrus (spam, hoax, virus, etc.), mémoire plus importante, recherche plus facile sur les échanges passés, etc.
La transformation va donc dans le bon sens : celui d’une utilisation plus facile, plus intuitive, plus efficace où la boîte mail deviendra une plate-forme de communication personnelle très complète et inclusive.


[1] Pionnière du réseau, spécialisée dans l’impact sociologique des nouvelles technologies, Cécile Moulard a créé et dirigé Carat Interactive puis amazon.fr avant de lancer sa société de conseil Sixième Continent. Membre de nombreux clubs français et étrangers, elle est chargée d’enseignement à HEC Telecom Paris.

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samedi 26 février 2005

Interview


Samuel Sadaune et les 60 Voyages de Jules Verne
par Thierry de Fages e-mail à l'auteur

Interview de Samuel Sadaune, membre de la Société Jules Verne et docteur ès lettres. Il a édité plusieurs ouvrages aux éditions Ouest-France, dont Contes et Nouvelles de Jules Verne, en 2000. Il est également l’auteur d’une thèse intitulée : « L’hygiène dans l’œuvre de Jules Verne ». Son dernier ouvrage, « Les 60 Voyages extraordinaires de Jules Verne », est publié aux éditions Ouest-France.

Thierry de Fages : Ces 60 Voyages extraordinaires se déroulent dans de multiples contrées. Ils fourmillent de descriptions (paysages, faune, flore...).
Ces dernières sont-elles le fruit d’observations naturalistes ou de l’imagination de Verne ?

Samuel Sadaune : [1] Même si Jules Verne a beaucoup voyagé (en Ecosse, en Scandinavie, en Afrique du Nord et aux Etats-Unis), la majeure partie de ses descriptions provient de lectures d’ouvrages d’autres explorateurs ou de livres vulgarisateurs de géographie (de Humboldt à Joanne, en passant par [Jacques] Arago et [Elisée] Reclus).
Toutefois, à cette matière première s’ajoute l’imaginaire particulier de Verne. Un exemple : la description par Verne de l’Afrique du Sud (L’Etoile du Sud) est certainement exacte et trouvée dans un autre ouvrage. Il la complète toutefois, en plus bien sûr de l’aventure qui s’y déroule, par une subtile description : un lieu merveilleux où son talent créatif peut s’épanouir jusque dans le délire. Il s’agit là d’une gigantesque grotte de diamants où les couleurs les plus variées et les plus riches s’offrent à l’œil de l’intrus qui y pénètre. Ce genre de sites s’accumule dans les romans verniens. Ils sont toujours dans un lieu existant, mais dissimulés, loin des regards importuns, éloignés de la triste Réalité. Le Centre de la terre est bien entendu le summum de ces lieux merveilleux.

Dans ces Voyages se profile l’image récurrente du savant (le docteur Fergusson) ou du professeur. Celui-ci décide à la fois des expéditions et fournit au lecteur des explications scientifiques.
Pourquoi Jules Verne a-t-il choisi ce type d’homme plutôt qu’un autre ?

-  La véritable question serait Pourquoi le docteur Fergusson ?
Il fallait déjà un Anglais, en raison du fait que Burton et Speke avaient précédé Fergusson et ses compères sur le trajet des sources du nil. C’est Edgar Poe qui a sans doute incité Verne à mettre de la science dans ce premier roman d’exploration qu’est Cinq Semaines en ballon.
Toutefois, chez l’écrivain américain, les phénomènes scientifiques sont souvent constatés par des profanes. Mais Verne avait fait la connaissance vers 1850 des frères Arago : François Arago était l’un des plus grands savants français de l’époque (on dirait aujourd’hui un astrophysicien) ; quant à Jacques Arago, il avait déjà voyagé en ballon et rédigé des ouvrages de vulgarisation géographique. Donc, l’image du savant lui est familière. Enfin, bien que cela n’ait, je crois, jamais été dit, je pense que Balzac, inventeur de nombreux savants, a pu influencer Verne.
En revanche, une fois Fergusson créé, le fait de continuer de mettre en scène des savants résulte des exigences du contrat passé avec Hetzel : chaque roman doit présenter un ouvrage et de la science. Il paraît logique en ce cas de mettre fréquemment (mais pas systématiquement, loin de là) un savant, dont le caractère est variable. A mon avis, le plus complet et le plus intéressant est le docteur Clawbonny (Voyages et aventures du capitaine Hatteras) qui est une sorte de Diderot complété d’un François Arago ayant réponse à tout, s’émerveillant de tout, doté d’une magnifique résistance et d’un moral à toute épreuve. Paganel (Les Enfants du capitaine Grant) est l’image du savant distrait mais généreux. Puis, il va y avoir de nombreux scientifiques grincheux et même ridicules. A partir des années 1870, on compte peu de savants véritablement positifs dans l’œuvre. Ils tendent même à disparaître.

Dans un de ces Voyages (Les Tribulations d’un Chinois en Chine), le romancier nous conte le stratagème d’un philosophe - nommé Wang - pour inciter un jeune homme riche et désœuvré à voyager.
Quelle est, selon vous, la motivation profonde du philosophe ? Est-il le porte-parole de Jules Verne ?

-  Comme le montre très bien également la version filmée de Philippe de Broca (pas très fidèle mais très drôle), le but de Wang est de procurer à un personnage désœuvré du frisson, de lui faire assimiler la sensation de la perte, qui lui est étrangère. Par ailleurs, en le faisant voyager, il lui fait connaître l’Ailleurs, cet inconnu. Mais aussi la gêne, l’inconfort, l’insécurité. De convenue et prévisible, l’existence de notre jeune Chinois, qui a pour nom Kin-Fo, devient tumultueuse.
Les intentions de Jules Verne sont plus profondes et en même temps plus incertaines à mon avis. En fait, j’ai étudié cet écrivain dans le cadre d’un gros travail que j’effectue sur les données hygiéniques qui sont celles des penseurs du XIXe siècle.
Verne est l’écrivain français qui s’intéresse le plus à l’hygiène (battant même à mon avis Zola), qu’elle soit morale, publique, intime, qu’elle relève de la médecine préventive, de la propreté, de l’écologie. Or, le Chinois en Chine, comme beaucoup d’autres romans verniens, a pour thème la recherche d’une hygiène de vie. Verne l’écrit à une époque où les artistes français ont connu le phénomène du « spleen » (je crois qu’on dirait aujourd’hui « dépression de l’artiste »).
Baudelaire est l’un des auteurs qui a le plus influencé Jules Verne (qui le cite parfois). Or, a contrario, Jules Verne, comme Hugo et Balzac, croit en l’Energie. L’un de ses plus beaux personnages, le docteur Clawbonny [déjà cité], possède le sens hygiénique au plus haut point, tant pour la santé physique que morale (je l’ai surnommé « un homme-hygiène »). Comment peu à peu ressembler au docteur Clawbonny ? Tel pourrait être le fondement de l’histoire de Kin-Fo.

Dans un autre des Voyages - La Jangada -, Jules Verne nous conte l’histoire d’une famille qui se déplace sur l’Amazone à bord d’un radeau géant. Ce dernier, tel un escargot, porte un village entier ( !).
Ce petit univers flottant, vivant en autarcie, dans un cadre enchanteur, est-ce le grand rêve rousseauiste de Jules Verne ?

-  Il y a une nuance entre l’autarcie rousseauiste et l’autarcie vernienne. Je crois qu’en dépit de nombreux avantages dont bénéficie la propriété de Julie (l’héroïne de La Nouvelle Héloïse, Rousseau a tout de même à l’esprit un isolement plus « frugal ». On le ressent surtout en lisant Les Rêveries du promeneur solitaire.
En revanche, le héros vernien (Nemo, le capitaine de Vingt Mille Lieux sous les mers en étant l’exemple le plus absolu) bénéficie toujours, dans son isolement (volontaire ou non) d’un très grand confort. Par ailleurs, Joam Garral et sa famille (les héros de La Jangada) ne sont pas isolés. En effet, ils traversent de nombreuses propriétés et surtout longent les deux rives d’une forêt équatoriale dont plusieurs chercheurs verniens ont pu dire qu’elle ressemblait plutôt à un Jardin des Plantes ou... à un garde-manger géant.
Cet « escargot », qui porte un village entier, est un fantasme chez Verne : il a déjà imaginé un Village dans les airs dans une de ses nouvelles (Un Voyage en ballon) tandis qu’un autre Voyage, L’Ile à hélice, nous présente également une cité installée sur une île géante qui se déplace à travers le Pacifique.

Bon nombre de ces Voyages sont plutôt mouvementés : naufrages, attaques de monstres marins, actes de cannibalisme, accès de folie des voyageurs...
En décrivant la brusquerie du monde, par le biais de ses Voyages extraordinaires, que cherche à nous dire Jules Verne ?

-  De façon générale, ces attaques et naufrages (également les nombreuses mutineries et guerres civiles) sont le plus souvent présents pour faire avancer l’action. Je dirais même qu’au fil des années, la trame des romans devient souvent conventionnelle. Le cas du cannibalisme est plus particulier. Verne semble vraiment fasciné par cette pratique, surtout par l’idée de Blancs mangeant des Blancs.
Voici mon hypothèse : Verne, contrairement à Hugo, n’ose pas dénoncer la triste condition du peuple français. La meilleure façon, pour l’auteur, de rappeler la souffrance engendrée par la faim, c’est de rassembler des Français de toutes classes sur un radeau et d’exposer toutes leurs affres. A mon avis, c’est l’une des raisons de la permanence du thème du cannibalisme chez Verne.
Quant au fait que nous sommes dans un monde peu sûr, il est évident que Verne ressent ce phénomène mais il nous le présente d’une autre façon : face à face, un monde « standardisé » (on dit aujourd’hui « mondialisé »), dont L’Ile à hélice est la meilleure représentation ; d’un autre côté, il nous expose des catastrophes naturelles, souvent dues à l’intervention de l’homme, qui remettent sa présence en question.
La fin de l’humanité, à la suite d’un soulèvement des eaux, est un leitmotiv chez Verne. Le 24 décembre dernier, de nombreux Verniens ont dû se trouver horriblement fascinés par la « prédiction » de Verne. (Mais il faut raison garder : Verne a surtout été fasciné par l’Atlantide de Platon et par le phénomène des éruptions de volcans sous-marins.)



[1] Membre de la Société Jules Verne et docteur ès lettres. Il a édité plusieurs ouvrages aux éditions Ouest-France dont Contes et Nouvelles de Jules Verne, en 2000. Il est également l’auteur d une thèse intitulée : « L’hygiène dans l’œuvre de Jules Verne ».

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